Infos du CE du 10 février 2010 n° 6

Publié le par comité NPA Loire Nord

Sommaire :
. Note politique campagne « élections régionales »

Pièce jointe :
. Présentation des « Cahiers de l’émancipation »


Campagne « élections régionales »
(note politique)



 
Lundi, Fillon a réuni ses ministres pour tenter de reprendre la main dans le débat pourri lancé par Besson sur l’identité nationale, une farce nationale ! Même au sein de la droite le triste Besson n’a pas convaincu,  8 ministres n’ont pas participé au « séminaire  d’enterrement». Fillon a annoncé 3 mesures qui, toutes, visent à flatter le nationalisme, le chauvinisme, la xénophobie. Il apparaît clairement que les campagnes autour de l’identité nationale, de la burqa ou sur le voile instrumentalisent ces questions pour faire diversion par rapport aux préoccupations des classes populaires, créer un climat malsain xénophobe et raciste, anti-immigrés. Un sondage montre cependant que la grande majorité de la population considère la diversité comme une richesse, un désaveu de la démagogie d’une droite aux aguets qui flatte les préjugés d’extrême droite. Hortefeux maintenant prend le relais dans l’opération diversion avec le projet de loi sécuritaire sur la délinquance. Encore et toujours la même méthode, la stigmatisation, flatter les peurs à défaut de pouvoir apporter la moindre réponse aux causes de la dégradation sociale, la crise.

Inquiétude et mécontentement

Les manœuvres du gouvernement sont impuissantes à étouffer le mécontentement, l’inquiétude qui s’accroissent au sein de la majorité de la population. La semaine dernière,  la grève de la SNCF à l’appel de la CGT, Unsa, Sud-Rail et CFDT s’il elle n’a pas été un franc succès, entre 30 et 40% de grévistes, constitue néanmoins un témoignage du ras l’bol des salariés. La mobilisation n’a pas été assez forte pour obliger les directions syndicales à ouvrir d’autres perspectives pour empêcher les réductions de personnel, mais cela ne veut pas dire que les cheminots ont dit leur dernier mot.
Dans l’éducation nationale l’annonce des dotations d’heures  vient souligner la régression engagée, la dégradation des conditions de travail. Dans le 93,  la grève commencée la semaine dernière s’est étendue à plus de 50 de  établissements. Les revendications portent sur le refus des suppressions de postes (et pourquoi pas un rattrapage), la casse de notre statut, la titularisation de tous les précaires  et l'abrogation des différentes réformes (Chatel, EPLE, évaluations en primaire, masterisation, socle commun....) qui mènent à une dégradation des conditions de travail, à une institutionnalisation d'une école à deux vitesses et à la casse du service public éducation.
Une intersyndicale CGT – CFDT – Sud - FO appelle les salariés des raffineries Total à faire grève à partir du 17 février contre la fermeture de la raffinerie de Dunkerque et pour défendre l'emploi. Les salariés de chez Ikea sont en lutte pour les salaires et les négociations annuelles sur les salaires ouvertes depuis décembre, les luttes éparpillées qui les accompagnent reposent la question d’une revalorisation générale de 300 euros pour tous.
La question des retraites participe de la même lutte. Celles-ci sont du salaire différé, un droit et un dû que le patronat, le gouvernement comme le PS voudraient remettre en cause au nom d’une argumentation démagogie sur le vieillissement de la population. Tant dans les syndicats que dans notre agitation politique, nous voulons convaincre les travailleurs que les revendications du maintien de l’âge de la retraite à 60 ans, le retour aux 37,5 annuités dans le privé et le public sont légitimes. Travailler plus longtemps alors que le chômage augmente est un leurre qui aboutit uniquement à diminuer les pensions.

Tensions sociales et politiques

Le décalage entre les propos sur la sortie de crise, la reprise et la réalité qui frappe de plein fouet le monde du travail, licenciements, chômage, chute du niveau de vie, dégradation des conditions de travail contribue à créer une situation de très forte tensions. Et chacun sent bien que le pire est encore à venir. Les équipementiers de l’automobile viennent d’annonce 40 à 50000 nouveaux licenciements pour les mois à venir. La course à la rentabilisation, à la diminution des coûts va s’accélérer sous l’effet d’une nouvelle aggravation de la crise. Les bourses chutent en conséquences des déficits massifs des Etats, en premier lieu la Grèce, l’Espagne et le Portugal. La politique des Etats, leurs plans de sauvetage des banques et du système financier n’ont fait que repousser les échéances, mais s’avèrent d’ores et déjà d’un coût considérable pour l’ensemble de la société.
Les dernières statistiques de l’INSEE illustre cette dégradation globale.
Plus de 400 000 postes de travail ont été détruits en un an. L'emploi industriel, qui s'érodait régulièrement ces dernières années, a connu une hémorragie : près de 10% des postes industriels supprimés ! L'emploi plonge également dans le bâtiment mais aussi dans les services, notamment dans le commerce de détail et l'hôtellerie-restauration. Comme quoi, la baisse de la TVA sur la restauration, 3 milliards d'euros, n'aura profité pour l’essentiel qu’aux patrons. Et signe significatif du recul, les embauches par des particuliers continuent d'augmenter : il n'y a pas de crise dans la domesticité...
Au total, on compte aujourd'hui 3,8 millions de chômeurs, soit 500 000 de plus en un an. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale  il n’y avait eu une montée aussi brutale du chômage. Et elle ne va pas s'arrêter là. Du point de vue patronale, la productivité du travail a chuté en 2009, en clair cela veut dire que les salariés encore en poste ont une activité réduite, les entreprises sont en sureffectif. Il y a autour de 500 000 emplois «en trop».
Pour les chômeurs en fin de droits, un million 2010, soit une hausse de 50%, la situation va s'aggraver. Les indemnités chômage sont versées pendant une durée égale au nombre de mois travaillés au cours de la période de référence (les vingt-huit mois préalables), dans la limite de deux ans. Puis, le chômeur n'est plus indemnisé, il est en fin de droits. Il peut alors avoir droit aux minima sociaux : revenu de solidarité active (RSA, ex-RMI) ou allocation de solidarité spécifique (ASS). Mais les minima sociaux non seulement ne permettent pas de vivre, mais ils sont accordés en fonction des revenus du foyer ! Seuls 40% des fins de droits en bénéficieraient. 60% restants ne toucheront rien, sous prétexte qu’ils sont «couverts» par les revenus du conjoint.
Ainsi, un recul considérable s’opère. Une crise sociale profonde s’installe progressivement. Elle déstabilise non seulement la droite mais tous les partis institutionnels bien incapables de construire un discours crédible et cohérent capable de répondre aux difficultés, au désarroi, aux inquiétudes du plus grand nombre.

Une campagne pour l’unité du monde du travail autour de l’urgence sociale, démocratique, écologique

Notre campagne antiraciste et anticapitaliste vise à répondre à la démagogie xénophobe de la droite qui voudrait diviser le monde du travail et milite pour l’unité autour d’exigences pour faire face à la crise.
Elle rentre dans le vif du sujet avec le dépôt des listes même si la grande majorité des électrices et électeurs restent indifférents, indifférents au scrutin mais pas à ce que nous avons à dire.
La campagne médiatico-politique dont nous avons été la cible, par-delà nos positions et débats en interne, l’empressement des uns et des autres à nous attaquer sont bien significatifs de la place que le NPA a conquis et à quel point nous dérangeons le jeu politique. Et cela bien au-delà de notre influence réelle.
Il nous faut maintenant contre-attaquer sur notre propre terrain, contre les divisions en dénonçant ce qu’exprime la commune hostilité de tous les partis institutionnels. Au niveau des régions comme au niveau du pays, les uns et les autres n’aspirent qu’à gérer le système, c'est-à-dire les affaires des classes dominantes.
Il faut sanctionner cette droite arrogante et cynique, sa politique dévouée aux classes privilégiées, mais l’on ne peut le faire en votant pour le PS et ses alliés qui se sont faits les exécutants de la politique de la droite au niveau des régions.
N’est-ce pas le PS lui-même qui a mis en œuvre, avec la droite, la décentralisation qui a permis à l’Etat de se décharger sur les collectivités territoriales de ses propres responsabilité tout en les asphyxiant financièrement.
Les partis institutionnels nous combattent d’un même mouvement parce qu’au fond ils défendent la même politique contre les travailleurs et les classes populaires dont nous voulons porter la colère, la révolte, les exigences.
Ils voudraient nous mettre hors-jeu comme  ils mettent hors-jeu l’immense majorité de la population qui n’aurait le choix  que de subir et se taire en votant pour les défenseurs d’un ordre injuste et inhumain ou en s’abstenant.
Il y a un autre choix en votant pour des candidates et des candidats qui n’ont d’autres ambitions que de se faire les portes paroles de celles et ceux dont ils partagent la vie, les préoccupations, les luttes et les espoirs...

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Publié dans Comité Exécutif

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