Déchets en Roannais: Communiqué de presse

Publié le par comité NPA Loire Nord

Les déchets dans le Roannais...



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La soirée organisée en février par la Commission Environnement du Collectif de la Gauche roannaise a vu la participation d'une soixantaine de personnes, dont des élus de cinq Communautés de Communes ; des membres de quatre autres s'étaient fait excuser.

Intervenants prévus : Sébastien Lapeyre, Directeur du CNIID (Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets), le Président du SEEDR (Syndicat d’Étude et d’Élimination des Déchets du Roannais) qui avait décliné l'invitation, Jean-Paul Raymond, Président de l’association RUDEL (Ruraux Unis pour la Défense de l’Environnement et du fleuve Loire).

Après avoir présenté le CNIID, S. Lapeyre évoquait la situation nationale : production de déchets doublée en 40 ans, retard de la France dans leur gestion... Puis il passait en revue les clés d'une gestion écologique : collecte séparative notamment des biodéchets, réemploi et recyclage lié au développement d'une économie sociale et solidaire, tarification incitative, traitement séparé de la matière organique qui représente le tiers de la poubelle (compostage et/ou méthanisation), remplacement des procédés « aspirateurs à déchets » (incinération et stockage), consultation et participation du public. S. Lapeyre rappelait les objectifs du Grenelle de l'Environnement et les mesures contenues dans la Directive Déchets adoptée fin 2008 dont celles sur les biodéchets et le plan action déchets de septembre 2009. Il terminait avec le procédé de « tri mécano-biologique » (prévu sur le Roannais) qui est un frein au tri et à la gestion séparée des biodéchets, démobilise les citoyens et augmente les coûts.

Dans son exposé, J.P. Raymond faisait état de la situation en Roannais : réduction du poids des déchets enfouis (95 000 tonnes en 2003, 62 000 tonnes en 2009) du fait du tri et de la diminution des apports extérieurs, avec des résultats très significatifs pour le pays de Charlieu, suite à la mise en place de la redevance incitative. Il donnait une évaluation des surcoûts liés notamment au mode de gestion choisi (entreprise privée, la société espagnole URBASER) et au site retenu, St-Priest-la-Roche, éloigné des gros centres de production et du nord de l'arrondissement (coût des transports, aménagements routiers). Il terminait en évoquant les problèmes juridiques : annulation par le Tribunal administratif de la délibération concernant le choix du mode de gestion, négociation contestable entre le SEEDR et URBASER aboutissant à l'offre d'une indemnité de 6 500 000 € à cette société privée.

Après chacun des exposés, les interrogations, réactions et propositions du public ont été nombreuses et argumentées, débat très riche donc. Intervention sur la valorisation des déchets fermentescibles qui suppose une collecte sélective, avec le compostage (surtout en milieu rural) et la méthanisation (en milieu urbain) ; retour sur le Grenelle et information sur le Plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés en phase de finalisation : il sera opposable, fixera des objectifs clairs avec obligation pour chaque Communauté de Communes d'élaborer un contrat d'objectif. Plusieurs intervenants ont évoqué la responsabilité des producteurs d'emballages, des publicitaires, des grandes enseignes commerciales qui déversent sur le marché des milliers de tonnes sans se soucier de leur recyclage et de leur élimination ; des actions concertées (Collectivités publiques, associations, consommateurs) et une modification de la législation ont été souhaitées pour les responsabiliser. Chacun a constaté un lien étroit entre réduction, tri, valorisation et traitement. Le SEEDR a dans ses compétences le traitement ; beaucoup ont souhaité que celui-ci, qui rassemble les onze Communautés de Communes s'occupant de tri et de valorisation, assure une fonction de coordination et de lieu d'échange d'expériences, ceci dans l'intérêt général, notamment pour la mise en place du Plan départemental qui devrait être promulgué dans les prochains mois.

Le contexte a profondément changé en quelques années. Il faut en tenir compte. Tout doit être fait pour réduire les coûts et le volume à traiter et à enfouir : cela passe par cette coordination, cette concertation souhaitées et la gestion en régie, comme le montre bien le retour à la gestion publique, pour la distribution de l'eau par exemple, dans plusieurs grandes Collectivités locales.

La Commission Environnement du Collectif Gauche roannaise compte poursuivre son travail d'information et de sensibilisation. Ceux qui souhaitent le compte-rendu intégral de ce débat (6 pages avec illustrations) peuvent demander à en être destinataire. Contact : Collectif Gauche roannaise, 18 rue Cadore, 42300 ROANNE – cgauche.roannaise@laposte.net roannais@attac.org ou auprès d'une organisation du Collectif.

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