Compléments à Infos CE NPA n° 29 (3/11/2009) suite

Publié le par comité NPA Loire Nord

Voici un autre projet de résolution présenté par Alex, Armelle, Dominique, Gael, Jacques, Jean-François et Virginie.

Résolution pour les régionales

 

La politique initiée par le NPA en vue d’un accord pour les régionales est en train de connaître son dénouement puisqu’une dernière réunion est prévue le 10 novembre, juste après le CPN, mais sans que les possibilités d’un accord semblent pouvoir se dessiner. Cela crée naturellement beaucoup de débats entre nous, mais le plus important désormais est de redonner à l’ensemble de l’organisation un cadre et des objectifs qui nous mobilisent réellement dans la période qui vient. C’est le sens de cette contribution qui soumet à la discussion un projet de résolution que nous souhaitons pouvoir être discutée largement, amendée, ou fusionnée avec d’autres à l’issue du CPN.

 

Dans les luttes comme dans les élections :

une politique de rupture avec le capitalisme

 

Le CPN du 7 et 8 novembre adopte et propose à la consultation des militants du NPA la résolution suivante :

 

La politique unitaire menée depuis le CPN de juin arrive à son terme, tirons un bilan et passons à notre campagne

 

La politique menée depuis juin dernier devait nous permettre de vérifier les possibilités d’un accord large pour les élections régionales. Mais, en pratique, l’orientation s’est déplacée petit à petit sous la pression du PCF et surtout du PG qui est devenu à l’évidence la cible prioritaire de cette politique. Certains croyaient sincèrement pouvoir s'allier au FdG sans que cela ait des conséquences fâcheuses pour le NPA, pour d'autres il s'agissait de faire la démonstration que le PCF ou le FdG ne voulaient pas réellement l'unité en acceptant d'amener les concessions le plus loin possible, d'autres encore souhaitaient s'adresser aux militants du PCF et du PG mais sans abandonner ce qui faisait notre identité d'origine.

 

On ne peut que constater que les conditions ne sont pas réunies pour un accord avec le PCF et le PG car leur choix de participer à des exécutifs avec le PS reste à l’évidence un élément incontournable de leur politique au même titre que ces deux partis ne cherchent même pas à discuter et à envisager la possibilité d’un affrontement global contre la politique du patronat et du gouvernement ne serait-ce que sous la simple forme du soutien à la convergence des luttes.

 

Il est difficile par ailleurs de savoir dans quelle mesure une démonstration a été faite, mais par contre il faut bien reconnaître que notre politique a semé bien des confusions dans nos rangs.

 

Au CPN de juin 2009, nous portions « une proposition de rassemblement autour d’un programme anticapitaliste portant les exigences des travailleurs et des classes populaires face à la crise, en particulier l’interdiction des licenciements ». En septembre, il n’était plus question que d’un « front durable anticapitaliste et antilibéral » actant la disparition pure et simple de l’interdiction des licenciements. On retrouve cette absence dans la profession unitaire faite par le CE aux autres forces. Le "grand service public bancaire" n'y est plus sous contrôle de ses salariés et de la population. La formule de "défense du pouvoir d'achat" remplace les 300 euros nets d'augmentation ainsi que le minimum de 1500 euros nets. La "réduction du temps de travail" se fait sans le partage du travail entre tous.  Le "droit à la retraite" ne spécifie ni le nombre d'annuités, ni l'âge, ni le taux.

 

C’est ainsi qu’au fil des « déclarations unitaires », le cadre de nos raisonnements est devenu exclusivement celui des régions puis des institutions elles mêmes, avec un programme adapté en conséquence, destiné à être « mis en œuvre » dans les conseils régionaux, tout en maintenant une certaine ambiguïté sur les possibilités de participer aux exécutifs. Or il n’est pas possible d’envisager cette possibilité en se contentant d’écarter le cas où ces exécutifs « seraient dominés par le PS tel qu’il est ». C’est le raisonnement du front de gauche, pas celui du NPA.

 

Cette orientation finit inévitablement par créer de nombreuses illusions sur le rôle des élections, l’intérêt d’avoir des élus, le programme que nous devrions défendre et sa mise en œuvre dans le cadre des régions et des institutions.

 

Ce constat au niveau national exclut évidemment la possibilité de continuer à négocier un éventuel accord sous d’autres formes au niveau des régions pour ne pas continuer la même confusion localement et peut-être en pire par endroit.

 

Mais quel que soit le bilan et l’appréciation que l’on peut avoir sur la politique menée jusqu’ici par le NPA, il s’agit désormais d’en sortir ensemble en faisant l’effort de remobiliser toute l’organisation autour d’objectifs qui sont à notre portée :

Acter l’impossibilité de continuer négocier un accord unitaire avec le PCF et le PG

Préparer les conditions d’une campagne électorale réussie du NPA en lien avec nos objectifs essentiels sur le terrain des luttes

Donner le plus rapidement possible une impulsion réelle à notre campagne pour le droit à l’emploi et l’interdiction des licenciements

Tout en permettant à l’ensemble de l’organisation d’être consultée dans des conditions qui favorisent réellement le débat le plus large entre nous.

 

La situation politique et sociale exige une politique de rupture avec le capitalisme.

 

Dans le contexte de crise du système capitaliste, le patronat et le gouvernement tentent de poursuivre leur entreprise de destruction des acquis des travailleurs. Face à la crise dont les conséquences sur le plan social sont chaque jour plus graves, notre priorité est de proposer aux exploités et aux opprimés une politique qui leur donne les moyens de changer réellement le rapport de force afin de faire payer aux seuls capitaliste les frais de la crise. Pour œuvrer à un tel changement, l’unité du monde du travail et des classes populaires est un enjeu majeur, mais elle doit s’accompagner d’une orientation claire pour interdire les licenciements, augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux, embaucher dans les services publics, en finir avec les interventions militaires de notre propre impérialisme et commencer à lutter réellement contre le réchauffement climatique. Cela passe par la mise en cause du droit des capitalistes à diriger la société et la défense d’un programme pour les luttes dont on sait que pour déboucher elle ne peuvent rester dans un cadre local ni même régional.

 

Notre priorité est de donner une expression sociale et politique à cette volonté des classes populaires de ne pas payer la crise. C’est pourquoi, la priorité du parti doit être porté sur la construction de ce mouvement d’ensemble que nous continuons bien entendu à proposer aux autres forces syndicales et politiques, mais aussi et surtout aux militants et aux différents milieux que ces forces continuent d’influencer. Cela passe par une prise en charge réellement prioritaire de la campagne : « nos emplois valent plus que leurs profits » en lien avec les luttes existantes contre les licenciements, à La Poste, chez les travailleurs sans-papiers, dans l’éducation…

Cette campagne est politique car l'emploi est au centre de la grande majorité des relations sociales, les attaques sur l'emploi utilisent et renforcent toutes les divisions, oppressions et discriminations entre chômeurs et salariés, actifs et retraités, hommes et femmes, français et immigrés et permettent de poser les questions de l'ordre social capitaliste et d'une autre société. En même temps le centre de gravité des mobilisations de tous ces derniers mois a tourné autour de l'emploi ou de la défense du service public et c'est là que peuvent se construire les rapports de force sociaux et politiques. C'est pourquoi c'est autour de cette campagne et de ses multiples déclinaisons, public/privé, femmes, immigrés, jeunes... que nous pouvons construire l'unité dans la lutte comme bâtir les éléments qui nous permettront d'aller vers la campagne électorale proprement dite.

 

Un programme anticapitaliste pour les élections régionales.

 

Nous proposons de mener une campagne qui découle de cette campagne emploi sur le mot d’ordre général « Face à la crise sociale et écologique imposons des mesures d’urgence anticapitalistes ».

 

Une commission élue du CPN en lien avec le CE fera une proposition de programme détaillée au CPN de janvier.

 

Ce programme se fera notamment sur les bases des points suivants :

Interdiction des licenciements et répartition du travail entre toutes et tous, en finir avec la précarité, transformation en CDI des contrats précaires,

Augmentation des revenus et salaires de 300 euros nets avec un minimum de 1500 euros nets en prenant sur les profits,

Défense des services publics, nationalisation de l’ensemble du secteur financier et création d’un service public bancaire unique sous le contrôle des travailleurs et de la population

Régularisation de tous les sans papiers, droit de vote à toutes les élections,

Egalité hommes/femmes,

Droits pour la jeunesse, pré-salaire d’autonomie,

Lutte contre le réchauffement climatique,

Arrêt des interventions militaires de la France en Afghanistan et en Afrique

 

La campagne combinera des mots d’ordre d’ampleur nationale, en opposition à la politique de Sarkozy et du patronat, avec des mots d’ordre adaptés au cadre des régions : arrêt de toute subvention au secteur privé, aux entreprises et aux lycées privés, à la formation professionnelle contrôlée par le patronat ; récupération des fonds publics versés aux entreprises qui ont licencié ; développement des services publics et du logement social...

 

Tout ce qui ira dans le sens des intérêts des travailleurs sera soutenu par nous, mais sans cacher non plus que certaines de nos propositions ne pourront guère être mises en œuvre dans le cadre des prérogatives des régions. Il faudra non seulement s’opposer à l’Etat et à sa légalité, mais imposer un réel contrôle des travailleurs pour commencer à en voir le début de leur réalisation. Ainsi nos élus n’agiront pas uniquement dans le cadre restrictif de la gestion régionale mais dans le cadre de la construction d'un rapport de force général entre patronat et monde du travail.

 

C’est pourquoi, en lien avec les mobilisations, la campagne continuera d’expliquer que pour imposer ces mesures d’urgences, il faut un mouvement d’ensemble capable de virer Sarkozy et le gouvernement. Notre rôle est de préparer les conditions pour une grève générale qui déboucherait sur un affrontement global avec le pouvoir. Nous devons chercher à développer systématiquement les formes d’auto-organisation parmi les travailleurs et la population en lutte, comme les comités de grève.

 

Une fois ce cadre national établi, le travail du CE et de la commission élue au CPN consistera en lien avec les régions à décliner ce cadre général au niveau régional.

 

La question du 2ème tour

 

La consigne de vote du deuxième tour n’est pas la discussion prioritaire. C’est une question tactique qui dépend de la politique défendue par les autres courants pendant la campagne et de la perception qu’en ont les travailleurs. Elle dépend en partie des résultats du premier tour.

 

Notre position, qui ne placera pas sur le même plan la gauche et la droite même si nous condamnons toutes les politiques de droite, sera choisie le soir du premier tour. 

 

Fusions « techniques » ou « démocratiques »

 

Dans la situation actuelle, nous nous opposons à des « fusions techniques » ou « démocratiques » au deuxième tour. Aucune fusion n’est simplement « technique » ou « démocratique », puisqu’il ne viendrait à l’idée à personne de les proposer à la droite.

 

Quel que soit l’intérêt que nous pourrions porter à cette démarche, il apparaît aujourd’hui avec évidence qu’elle ne saurait être comprise à l’échelle de masse. On pourra toujours prendre toutes les précautions pour expliquer qu’il ne s’agit pas d’un accord politique, c’est cet aspect qui risque de prendre le dessus. Un accord avec le PS nuirait donc à l’explication de notre politique d’indépendance vis-à-vis de ce dernier au premier tour et de rupture avec le système.

 

Lorsque nos listes pourront se maintenir au second tour, elles le feront pour permettre aux électeurs de confirmer leur vote.

 

Consultation des militants

 

Il paraît juste que le CPN du 12 et 13 décembre soit remplacé par une conférence nationale seule à même de permettre une consultation large et démocratique des membres du NPA incluant la possibilité de pouvoir confronter jusqu’au bout plusieurs points de vue, ce qui n’est guère possible dans le cadre d’une consultation qui ressemblerait à un simple référendum.

 

Mais l'objectif de cette conférence nationale serait aussi de remobiliser les camarades pour cette campagne emploi/électorale sur les bases de fondation de notre parti : l'anticapitalisme et l'indépendance à l'égard du PS et des institutions.

 

Des AG locales de comités ou de regroupement de comités pourraient se tenir entre le 28 novembre et le 6 décembre.

 

Les différents textes soumis au vote du CPN serviront de plateforme pour élire des délégués à la conférence nationale sur la base d’un délégué pour 20 et un par reste de dix.

 

Un BI peut être ouvert dès la sortie de ce CPN et être clos par exemple pour le lundi 23 novembre.

 

 

Mardi 3 novembre

Résolution présentée par : Armelle (CPN,92N), Dominique (CE, Montbelliard), Jacques (CE, Mulhouse), Jean-François (CPN, Montreuil),  Alexandre  (CPN, Rouen), Virginie (CPN, Paris), Gaël (CPN, 92N).

Publié dans Comité Exécutif

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