Déclaration du courant « Convergences et alternative »

Publié le par comité NPA Loire Nord

Choisir le rassemblement unitaire

 

 


La crise du capitalisme est profonde, la situation des salarié-e-s, des privé-e-s d’emploi et des précaires empire, les libertés reculent. Pourtant, la politique de Sarkozy qui vise à remodeler l’ensemble de la société aux normes du libéralisme n’est pas mise en échec.  Si la droite tient toujours le manche, sa force provient d’abord de la faiblesse de l’opposition à gauche.

Il y a bien aujourd’hui deux orientations à gauche : celle qui reste dans le cadre d’un accompagnement du néolibéralisme, et qui entraîne aujourd’hui le PS et une partie des courants écologistes à chercher les convergences vers des secteurs de la droite, comme le Modem ; et celle de la construction d’une alternative de gauche rassemblant les forces antilibérales et anticapitalistes, dont l’existence encouragerait les résistances sociales en retour. En Italie, politique néolibérale et alliances de gouvernement avec le centre-droit ont eu pour résultat le retour de Berlusconi et d’une droite encore plus dure, tandis que l’existence même d’une gauche politique est aujourd’hui menacée. Par contre, en Allemagne et au Portugal, les progrès électoraux de Die Linke et du Bloquo de Esquerda, deux formations issues de coalitions unitaires, illustrent l’impact positif que peut avoir la constitution d’un pôle antilibéral et anticapitaliste.

En France, nous avons aujourd’hui l’opportunité et la responsabilité de nous engager résolument dans la voie du rassemblement autour d’une perspective politique alternative. Celle-ci passe nécessairement par des alliances entre les forces qui ne renoncent pas à la transformation sociale et appellent à une rupture avec des décennies d’acceptation des logiques de marché. Séparé-e-s, nous ne sommes pas en situation de défendre une alternative globale. L’affirmation solitaire a déjà été essayée aux Européennes et elle a déçu. C’est en choisissant le rassemblement que le NPA peut redonner de l’élan à ses propositions et à sa perspective de reconstruire une gauche digne de ce nom.

 

Unité dans les luttes et dans les urnes

La convergence des forces de la gauche de gauche serait facilement réalisable sur une série de solutions politiques alternatives : interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, contrôle public et nationalisations dans le secteur bancaire, politique environnementale rompant avec la logique productiviste et taxant les profits, défense des services publics et d’une démocratie étendue, etc. La construction d’un cadre politique unitaire est urgente, nécessaire et possible, dans les luttes comme dans les élections. C’est le seul moyen de changer durablement le rapport de force en faveur de la gauche antilibérale et anticapitaliste face à la gauche social-libérale.

Une telle dynamique doit également se construire sur le terrain électoral, et les prochaines élections régionales sont une occasion à ne pas manquer. Un front politique unitaire, fondé sur des contenus politiques clairs élaborés ensemble, s’appuyant sur des collectifs locaux rassembleraient les acteur-trice-s des mouvements sociaux, qui attendent des forces politiques un sursaut d’unité (à l’image de l’expérience commune du Non au TCE en 2005), donnerait une perspective aux mobilisations sociales et permettrait de polariser le débat à gauche, notamment vers les secteurs du PS ou des écologistes qui refusent la dérive des alliances vers la droite. La situation politique actuelle exige la convergence autour de listes communes dès le 1er tour, plutôt que l’éparpillement. Ces listes doivent permettre de faire élire un maximum de représentant-e-s défendant l’orientation d’une gauche alternative au sein des conseils régionaux. Au 2nd tour, elles devront ne laisser aucune chance à la droite de reprendre des régions. Pour cela, du fait des contraintes imposées par la loi électorale, il faut des fusions « démocratiques » avec les autres listes de la gauche ou de l’écologie, à l’exception de tout accord incluant le Modem. Ces fusions « démocratiques » supposent que chaque composante garde sa liberté de vote au sein du conseil régional, essentielle pour dégager une alternative aux gestions social-libérales ou aux alliances avec le Modem.

Le NPA devrait proposer à ses partenaires de ne pas participer à des exécutifs dont la politique serait dominée par une orientation social-libérale. Mais il ne doit pas faire d’un désaccord avec celles et ceux de ses partenaires qui laissent ouverte la question de la participation à des exécutifs dans certaines conditions un point de rupture qui empêcherait la construction d’une coalition unitaire au 1er tour. Chacun-e prendra ses responsabilités et les électeur-trice-s, les collectifs unitaires locaux, les acteur-trice-s des mouvements sociaux jugeront sur les bilans des pratiques menées au sein de l’institution, dans la transparence et le débat public.     

 

Transformer l’essai

La rencontre entre le NPA, les Alternatifs, la Fédération, le Parti de Gauche et le PCF a abouti à une première déclaration commune, le 28 septembre dernier. C’est un premier pas positif et encourageant qui montre qu’un processus de convergence est enclenché. L’unité, plus que jamais urgente et nécessaire, est à portée de la main. Pour organiser sans tarder de grandes campagnes en direction de l’opinion et des salarié-e-s sur les urgences sociales et écologiques de l’heure. Pour en vérifier la traduction autour d’une politique régionale alternative au repli sur une étroite gestion locale qui accepte les contraintes du libéralisme. Et pour commencer dès maintenant le travail d’élaboration d’un véritable projet alternatif, par des rencontres publiques dans toutes les régions et localités. Les discussions engagées au niveau national doivent rapidement se mener au niveau local et régional, avec la volonté d’aboutir dans chaque région. Les points décisifs sont la constitution de listes indépendantes du PS au 1er tour et la liberté de vote dans les conseils une fois élu-e-s. Ces questions font déjà accord pour un certain nombre de forces (les Alternatifs, le Fédération, le Parti de Gauche). Il reste au Parti communiste et à ses militant-e-s à se prononcer, et à indiquer s’il veut faire des régionales une étape dans le rassemblement durable de la gauche alternative. Or, choisir de faire listes communes avec le PS au 1er tour n’aidera pas à avancer vers cet objectif. 

Le NPA et ses militant-e-s, appelé-e-s à décider de leur orientation dans une consultation interne, doivent aussi faire clairement le choix du rassemblement. En effet, la motion adoptée à la mi-septembre par le Conseil politique national (CPN) du NPA contient des éléments qui peuvent constituer des obstacles à l’unité. Les discussions préalables avec les autres forces montraient une convergence sur l’idée de fusions « démocratiques » au 2nd tour pour battre la droite, mais le texte finalement adopté est confus et relativise l’importance de cette question. Il rechigne à créer rapidement des collectifs unitaires locaux, pourtant décisifs pour créer un rapport de force militant et populaire. Et il semble vouloir imposer à nos partenaires la non-participation aux exécutifs régionaux comme un préalable. S’il peut y avoir accord avec les autres forces sur les contenus du programme, la liberté de vote dans les conseils et la création de collectifs unitaires locaux, le refus du NPA de réaliser l’unité à cause de la seule différence sur les exécutifs serait incompréhensible, et ferait apparaître le NPA comme responsable d’une division injustifiée.

Ces élections régionales seront une étape importante dans les recompositions qui commencent sérieusement à gauche. Se dérober à une possible alliance de la gauche alternative serait décevoir à nouveau les nombreuses attentes, pourrait voir l’influence du NPA diminuer et celui-ci ressembler bien moins à un parti anticapitaliste large qu’à une organisation classique d’extrême gauche, témoignant de son anticapitalisme mais renonçant à bousculer les rapports de force à gauche. À l’inverse, s’il fait le choix du rassemblement, et s’il est capable de reformuler en positif un programme régional illustrant une alternative possible au social-libéralisme, le NPA peut y jouer un rôle important et relancer son propre développement.

Nous appelons les militant-e-s du NPA à faire ce choix, dans la continuité de celui que nous avons fait ensemble, quand nous avons créé un nouveau parti anticapitaliste visant à la reconstruction d’une gauche de combat.


 

 

Le courant « Convergences et alternative », 4 octobre 2009.

 

Contact : lecourant.npa@gmail.com

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