Note éducation nationale – 18 septembre 2009

Publié le par comité NPA Loire Nord

1. Pendant l’été, le gouvernement n’a pas chômé

Depuis la dernière date de mobilisation le 13 juin, le gouvernement n’est pas parti en vacances. Au contraire :

- Annonce (en juin) de la suppression de 16000 postes pour l’année 2009-2010. C’est près de 50000 postes d’enseignants qui ont été supprimés en quatre ans. Ces postes statutaires sont remplacés – quand il y en a absolument besoin – par des emplois précaires d’enseignants et administratifs. Ceci est en lien avec la RGPP, qui préconise le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. En fait, dans l’éducation, ce sont 2 enseignants sur 3 qui ne sont pas remplacés.

- La publication (le 29 juillet) des décrets sur la Mastérisation, qui imposent, à partir de 2011, aux candidats d’être inscrits en Master 2 (ou d’être titulaires d’un M2) pour passer les concours du 1er et 2nd degré. Sont également introduits des stages en situation durant l’année du concours.

- La loi sur la mobilité des fonctionnaires, (publiée au JO le 6 août), qui introduit la possibilité d’une réorientation des fonctionnaires (fin de la « garantie » de l’emploi) ; l’élargissement du recrutement de contractuels et d’intérimaires.

-la mise en place de 8000 places en jardin d’éveil dès la rentrée dont l’objectif annoncé est de remplacer les écoles maternelles en commençant par les plus petits, la suppression de la moyenne section étant déjà programmée pour l’année suivante.

- Au delà des 123 lycées qui expérimentent la réforme Darcos cette année, Luc Châtel annonce (le 26 août) que la réforme « entrera comme prévu en vigueur à la rentrée 2010 » et qu’elle devrai être prête courant septembre 2009. Si elle suit les rapports Apparu et Gaudemard, il s’agira d’une réforme Darcos-bis.

- L’acharnement administratif contre les désobéisseurs dans les écoles et les profs révoltés continuent. Isabelle Huchard, Bastien Cazals, Jean Yves Le Gall ont été mutés d’office et ont perdu leur poste de directeur d’école. Alain Refalo, Erwan Redon ou Pascal Besuelle sont toujours menacé…

- La gestion à « flux tendu » continue à se faire sentir localement dans les établissements (augmentation du nombre de précaires ; mauvaise gestion des remplacements…).

- Avec la fin de la carte scolaire, des jeunes se sont retrouvés sans lycée pour septembre (entre 1500 et 2000 jeunes à Paris ; 200 à 300 à Lyon…).

- Enfin, voulant noyer le poisson, Luc Châtel communique sur la grippe A (H1N1), annonçant la possibilité de l’enseignement par Internet ou par la télévision. Même si c’est avant tout un coup idéologique, c’est un mauvais présage pour l’avenir en terme de remplacements des profs absents par des vidéos ou de la lecture sur Internet…

 

2. Des luttes éparses et locales

Pendant l’été, des entreprises privées se sont mobilisées contre les plans de licenciement ou la fermeture de leur site.

- Dès la rentrée, des bahuts se sont mis en grève pour dénoncer les manques de personnels, d’enseignants (à Paris, dans le 92 Nord), les conditions de travail inacceptables.

- la charte de la résistance pédagogique, avec plus de 1300 signataires, se situe dans la continuité du mouvement  des désobéisseurs de l’année dernière et tente de reconstruire un cadre d’action collectif (voir http://resistancepedagogique.org), dans une ambiance de rentrée morose.

- Le pique-nique « on va pas se laisser bouffer » du 26 septembre à Paris, en défense de l’école publique, à l'appel de collectifs parents/enseignants, Snuipp-FSU, Sud Education, CGT Educ'action et soutenu par la FCPE 75, la soirée de soutien aux désobéïsseurs organisée à Saint Denis le 26 au soir à « La Belle étoile »  sont les premières échéances en région parisienne. Sans doute, dans toutes les régions, il faut trouver des cadres collectifs pour organiser la mobilisation, avec des évènements qui rassemblent.

 

Si les raisons de la colère ne manquent pas et si des mouvements de grève se déclanchent pour résoudre des problèmes locaux, il est indispensable d’expliquer la globalité des attaques pour arriver à unifier les différentes luttes. Il s’agit pour nous de préparer les prochaines attaques et en particulier la réforme des lycées, dont nous pouvons prévoir les grandes lignes (individualisation des parcours, orientation/sélection sociale, déréglementation du statut d’enseignant, fin du baccalauréat national).

Même s’il est possible que les lycéens se mobilisent contre cette réforme, comme en décembre dernier, notre tâche est de préparer la grève des enseignants en lien avec les lycéens.

 

3. Nos axes principaux de luttes

Les axes unifiants, pour l’ensemble des enseignants et, plus généralement, pour tous les salariés, sont :

- La question des licenciements, qui ont agité les salariés du privé cet été, se traduit dans la fonction publique par la diminution du nombre de postes statutaires et le non-renouvellement de contrats précaires. Nous devons exiger la titularisation immédiate de tous les précaire, ainsi que l’augmentation du nombre de postes au concours.

- La question de l’augmentation des salaires est, pour nous, le seul moyen de répondre aux problèmes du coût de la vie et au lieu de faire des heures supplémentaires. Nous devons revendiquer une augmentation immédiate de 300 € de tous les salaires et pas un salaire en dessous de 1500 €.

- Nous voulons de meilleures conditions de travail, la diminution du nombre d’élèves par classe, et la titularisation, sans condition, de tous les précaires.

- Enfin, parce que nous sommes une organisation politique, donc pas uniquement syndicale, nous devons mettre en avant le fait que nous sommes contre ce gouvernement et sa politique ; ainsi que le fait que le capitalisme génère les inégalités et qu’il faut renverser ce système pour en venir vraiment à bout.

Nous défendons une école pour tou-te-s jusqu’à 18 ans (avec une protection des données personnelles des élèves donc rejet de Base élève ; une prise en charge des élèves en difficulté donc défense des RASED ; et la défense du collège unique). En particulier, il faut intervenir sur la question de la formation des enseignants ainsi que la question des écoles maternelles

 

De plus, nous devons participer à la campagne emploi du NPA dans nos secteurs, en diffusant et affichant les éléments de propagande, ainsi qu’en organisant des réunions publiques.

 

4. Insuffisance/absence des réponses syndicales

Face aux attaques, les réponses des directions syndicales ne sont vraiment pas à la hauteur. Au nom de la nécessité de l’unité, aucune décision de risposte n’est prise et le temps passe sans décision d’action ! Dans l’éducation, la responsabilité de la FSU, en tant que première fédération de  l’Education Nationale, porte une responsabilité particulière. Cependant, SUD éducation et la CGT éduc’action n’ont pas non plus de plan pour contrer le gouvernement et n’avancent pas de dates qui permettraient de construire un « tous ensemble »

L’intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, CFE-CGC et Solidaires) du 8 septembre reste dans le flou, s’associe à la journée du 7 octobre (proposé par la CSI), mais sans en définir les contours : « les organisations syndicales appellent les salariés à y participer massivement, selon des modalités qu’elles préciseront. » Nous voilà bien armé pour résister à la politique du Capital !

 

Ce sera donc à nous de construire les différentes dates, même partielles qui se présente à nous :

- Une « journée nationale de grèves et de manifestations » le 22 septembre prochain, contre la privatisation de la Poste (appel par les fédérations CGT, Sud, CFDT, FO et CFTC de La Poste).

- Le référendum contre la privatisation de la poste (du 28 septembre au 3 octobre) est une occasion de discuter des services publics avec nos collègues et de montrer la nécessaire convergence.

- Et, bien sur, le mercredi 7 octobre, avec l’appel de l’intersyndicale et de la CSI pour « le travail décent ».

- La manifestation nationale à Paris du samedi 17 octobre, pour les droits des femmes, sont une occasion de réaffirmer l’égalité hommes-femmes, de défendre l’école maternelle, de dénoncer la précarité ainsi que les nouvelles réformes sur les retraites ,dont les femmes sont les premières victimes. La lutte contre les préjugés sexistes et la lesbophobie doit être au cœur des projets du service public de l’Education Nationale pour répondre pleinement aux aspirations d’une future société égalitaire.

Il est certain que ces dates sont insuffisantes, mais le minimum que nous pouvons faire, c’est d’y participer, de coordonner les réseaux militants pour pouvoir construire une réelle mobilisation d’ampleur.

 

5. Nos tâches dans la période

Face aux attaques la question c'est quand et comment on réagit, de comment on construit une grève, reconductible, à commencer par notre secteur, pour arriver à l’élargir à d’autres secteurs ou bien pour arriver à rejoindre d’autres secteurs déjà partis.

- Cela passe par un travail régulier dans nos syndicats pour obtenir un réel plan de mobilisation pour la construction d’un mouvement d’ensemble, allant à la grève reconductible (cela commence par des dates de mobilisations), ainsi que pour connaître précisément la situation dans les établissements et coordonner les luttes locales. Nous devons inciter à des prises de positions syndicales pour une grève « de la maternelle à l'université », précédées d'AG d’établissement, ainsi que des coordinations départementales, régionales...

- Cela passe par un travail syndical dans nos établissements, qui explique les prochaines réformes, qui propose de participer aux actions unifiantes, ainsi qu’à un fonctionnement démocratique dans les luttes.

- Cela passe par un travail politique dans nos établissements, qui met en lien les attaques dans l’éducation

avec l’ensemble des attaques du gouvernement et avec la crise ; qui propose un autre système, qui en finira avec l’exploitation et les oppressions.


Le 17 septembre 2009, l’équipe éducation nationale de la région parisienne

Publié dans Education

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article