Deux motions discutées et votées au comité NPA Anglet-64 sur les élections régionales

Publié le par comité NPA Loire Nord

12 votants
Motion A: le comité d'Anglet et les élections municipales: 9 pour
Motion B: Un front uni dans les luttes et dans les urnes: 2 pour
1 NPPV

*Le Comité d’Anglet et les élections régionales*

*motion majoritaire: 9 pour (sur 12 votants)*


Invité à donner son avis sur les prochaines élections régionales et après avoir pris connaissance des documents envoyés par la DPN et concernant les négociations avec les différentes composantes de la “Gauche de la Gauche”, le comité d’Anglet:

 

a) estime nécessaire de se présenter à de telles élections à condition bien évidemment de défendre un programme de lutte face à la crise que les capitalistes font payer aux classes laborieuses. Pour nous la base de ce programme doit être, dans ses grandes lignes, le plan d’urgence sociale adopté par le Congrès de Fondation de février 2009 auquel il convient d’ajouter quelques revendications propres à l’échelon régional du scrutin comme par exemple la gratuité pour les transports dépendant de la Région (notamment les TER), l’interdiction de subventions aux entreprises, le remboursement des subventions déjà versées pour les entreprises qui licencient ou délocalisent etc.

 

b) en ce qui concerne les alliances elles doivent se faire sur une base claire et ne pas reposer sur de pseudo-convergences (comme par exemple des revendications salariales ou un salaire minimum non-chiffrés) suffisamment vagues et floues pour être interprétées de façons différentes, voire opposées, selon les situations. De plus un tel programme doit nécessairement inclure une critique sans concession du bilan de cinq années de gestion des Régions par la Gauche, gestion qui ne s’est guère distinguée de celle de la Droite.

 

c) l’impossibilité d’un “Front commun dans les luttes” a parfaitement été illustrée au printemps dernier lorsque les directions tant du PG que du PCF ont non seulement refusé de critiquer la tactique d’éparpillement des luttes et de leur étouffement par l’ensemble des confédérations syndicales mais sont même montées au créneau pour défendre les dites confédérations contre les critiques du NPA et de LO au nom de “l’indépendance syndicale”. Dans ces conditions comment envisager avec le PG et le PCF un “Front commun dans les urnes” en passant sous silence le fait que demain les travailleurs, s’ils entrent en lutte, risquent de se heurter à ces mêmes formations qui serviront à nouveau de caution de gauche aux bureaucraties syndicales ? Une explication claire avec elles sur leur attitude pendant les dernières grandes luttes et mobilisations devrait être un préalable à toute poursuite des négociations, d'autant plus que ni le PG ,ni le PC ne partagent notre refus de toute alliance avec le PS dans les institutions. Du reste ils disent clairement vouloir l'union de l'ensemble de la gauche, PS inclus.

 

d) en ce qui concerne le second tour la tactique dite “de désistement démocratique ou technique” nous apparaît comme une tactique incompréhensible pour nombre de nos électrices et électeurs. Comment en effet expliquer que nous serons élus le dimanche sur des listes communes qui comprendront le PS, le PC, voire les Radicaux de gauche ou les Chévènementistes mais que dès le lundi nous nous opposerons à eux sur la majorité des questions débattues au sein des assemblée régionales ? Nous n’avons pas à jouer les ramasseurs de balle pour la gauche réformiste. A elle, si elle veut attirer nos électrices et électeurs du premier tour, de leur faire des propositions valables et crédibles.

 

e) enfin nous demandons non seulement d’être régulièrement informés sur le déroulement de ces négociations mais que, de plus, tout projet d’accord avec l’une ou l’autre des composantes de la “Gauche de la Gauche” donne lieu à un vote de l’ensemble des adhérentes et adhérents du NPA.

 

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*Un front uni dans les luttes et dans les urnes*

 

*motion minoritaire: 2 pour (sur 12 votants)*

 

 

 

Depuis quelques années quelque chose se passe dans la conscience de la classe exploitée. Les moyens d’information parallèles aux medias officiels, un niveau d’éducation plus élevé, des attaques sans complexes du patronat et du gouvernement ( de droite mais aussi de gauche ), font que beaucoup de gens du peuple, de medias, d’économistes, critiquent le système capitaliste, y compris dans le camp des capitalistes ( critiques impensables il y a 50 ans : la crise de 29 a généré une critique du libéralisme sauvage mais pas du capitalisme comme système, alors qu’aujourd’hui des économistes qui ne sont pas marxistes se posent la question de la survie de ce système ).

 

 

Olivier Besancenot a redonné, par ses interventions télévisées, dans les meetings, dans les boîtes en luttes, l’envie à un grand nombre de la classe exploitée de croire qu’une autre société est possible. Ses analyses politiques séduisent bon nombre de gens.

 

La création du NPA va de pair avec cette popularité d’un jeune travailleur, qui veut rompre avec le capitalisme et ses catastrophes sociales, écologiques, économiques…

 

 

Le changement révolutionnaire, si on ne veut pas qu’il découle de la prise de pouvoir, en force, de quelques uns sur la majorité, doit passer aussi par les urnes. Les luttes, au-delà de leurs objectifs concrets de satisfaction des revendications, préparent les consciences à comprendre la force de ceux qui luttent dans l’unité et au profit de la classe exploitée. Elles sont en elles même une formation politique et sont indispensables pour avancer. Les élections sont un outil démocratique incontournable, à condition qu’elles ne soient pas truquées et que le pluralisme des partis soit garanti ainsi que l’expression libre de ces partis. Les petits partis n’ont pas les moyens des gros pour se faire entendre (et manipuler l’opinion) et cela bien sûr altère l’aspect démocratique des élections. Cependant des élections libres sont devenues un repère de démocratie pour la majorité de la population (ça ne l’était pas en 1917).

 

 

 

Il est nécessaire de répondre à la demande et au besoin d’unité de millions de personnes qui vivent l’exploitation et la dégradation de leurs conditions de travail et ou de vie. Ces millions de personnes qui ne sont pas marxistes mais qui ne veulent plus être exploitées pendant que des grands groupes et actionnaires s’enrichissent.

 

 

C’est pour répondre à cette demande, ce besoin, que la LCR a laissé la place au NPA.

 

Le NPA doit être un parti anticapitaliste, mais pas forcément marxiste.

Il doit être ouvert à tous ceux qui veulent rompre avec le capitalisme.

 

Il doit faire alliance avec les courants anticapitalistes, même si ceux-ci ne sont pas léninistes, ou marxistes, et n’imaginent pas la révolution comme en 17, dans les rues, les usines et les meetings.

 

 

On doit avoir ensemble, dans l’unité la plus large, pour être le plus nombreux possible, des alliances électorales, qui mobiliseraient plus de gens que le seul NPA, nous donneraient peut-être des élus, sur une plate forme de revendications et un programme qui convienne à tous, donc au rabais pour certains tandis que d’autres le trouveront trop radical.

 

 

Quelle doit être la limite à ne pas franchir, au-delà de laquelle on passerait dans le camp « ennemi ? » Cette question est à voir au cas par cas dans les régions, concrètement, à partir du moment où il existe un socle programmatique solide comme l’exigence de la levée du secret bancaire, de la constitution d’une banque d’Etat, unique et sous contrôle du peuple, de l’interdiction des licenciements par les entreprises qui font du profit (en enquêtant sur les sous-traitances et en les démasquant), de l’arrêt de la privatisation des services publics….etc.

 

 

Face à des partis qui s’unissent à gauche de la gauche, la classe exploitée pourrait reprendre confiance en elle et entrer plus unie dans les luttes, contrant ainsi leurs chefs syndicaux. Ainsi une dynamique s’enclencherait qui obligera les partis de gauchir à revenir à des idéaux de gauche et réduirait les attaques du patronat et du gouvernement. En attendant le grand soir.

 

 

Cette vision des choses n’a rien d’angélique, elle répond au manque d’alternative pour les exploités. Avoir raison tout seul ne mène pas à grand-chose.


Publié dans Débats NPA

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