Plantes mutées = OGM cachés

Publié le par comité NPA Loire Nord

Bonjour,

 

 Les semenciers sont en train d'essayer de contourner la loi en utilisant d'autres méthodes que la transgénèse pour fabriquer leurs OGM. Ces méthodes

sont en effet exclues du champs d'application de la loi!

Ils utilisent aujourd'hui la mutagénèse pour produire par exemple des tournesols mutés dénommés Expressun résistants à un herbicide.

Des actions commencent à se mettre en place pour dénoncer ces OGM cachés

Actions de Bollène en mai, occupation du centre de recherche de Pionner de

Montech la semaine dernière...)

 

Pour comprendre un peu mieux ce qu'est la mutagénèse :

                La mutagenèse : definitions

 

 

Les firmes semencières essaient, par tous les moyens de désinformation, de faire croire que les méthodes autres que la « transgenèse » ne produisent pas des OGM. C’est faux. Au regard de la définition européenne, les plantes, produites à partir de la mutagenèse (et de la fusion cellulaire), SONT DES OGM (définition  de la DIRECTIVE 2001/18/CE)  http://www.ogm.gouv.fr/reglementation/dissemination/directive2001_18.pdf)

 

 

 

 

Extrait de la DIRECTIVE 2001/18/CE , Article 2. Définitions :  

Aux fins de la présente directive, on entend par :

 

1. organisme: toute entité biologique capable de se reproduire ou de transférer du matériel génétique.

 

2. Organisme Génétiquement Modifié (OGM): un organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle.

 

 

 

 

Pourtant, les OGM, qui ne sont pas issus de la « transgenèse », mais issus d’autres techniques de modification non naturelle du génome (comme la mutagenèse provoquée artificiellement), sont exclus du champ d’application de la directive. Des discussions sont aujourd’hui ouvertes, au niveau européen, pour faire évoluer cette exclusion.

 

 

1) MUTATION NATURELLE:

 

un caractère nouveau apparaît sur une plante, à la suite d’une mutation induite par l'environnement naturel. Les techniques habituelles de sélection entre plantes sexuellement compatibles (croisement et multiplication successives) permettent d'intégrer ce caractère (et le ou les gènes qui permettent son expression), dans une variété intéressante qui sera commercialisée.

 

 

2) MUTATION DITE « SPONTANEE »:

 

provoquée par une modification non naturelle de l'environnement : une pression chimique sur l'environnement de culture (herbicides par exemple) provoque, sans que cela soit son objectif, l'apparition de plantes présentant un nouveau caractère de résistance à cet herbicide. Des gènes, dits « de résistance à l'herbicide », sont trouvés dans ces plantes. C'est le tournesol Clearfield de BASF, (résistant à son herbicide), qui est effectivement issu de méthode « traditionnelle  de sélection » suite à cette mutation "spontanée". Cette variété n’entre donc pas dans la définition des OGM, bien qu’elle présente exactement les mêmes risques non évalués, issus du gène de résistance aux herbicides, qu’un OGM résistant, issu de la transgenèse. (transfert de gène à d’autre plantes, augmentation de la résistances aux herbicides, repousses ingérables exigeant des coktails d’herbicides de plus en plus puissants.)

 

 

2 bis) CISGENESE : (transgenèse à partir de ce gène de résistance). Si la trangénèse se fait sur la même espèce (sexuellement compatible) que celle où a été prélevé le gène transféré, cela en fait un OGM. Certains (CopaCogeca), voudraient voir cette technique exclue des OGM qui sont soumis à réglementation en Europe.

 

 

3) MUTAGENESE ALEATOIRE: très proche de 2), sauf que la modification de l'environnement de culture est intentionnellement créée pour provoquer des mutations et utilise des facteurs dont la fonction est d'être mutagène: les rayons ionisants. (premières expériences françaises de mutagenèse dans les années 1960). Cette méthode, très aléatoire est longue : on fait muter des milliers de plantes puis on les cultive pour voir si certaines présentent des caractères nouveaux « intéressants », puis on les sélectionne...

 

 

4) MUTAGENESE ALEATOIRE ET MULTIPLICATION CELLULAIRE : fin 1960, on sait reproduire une plante en laboratoire, à partir d’UNE SEULE de ses cellules. C’est la multiplication cellulaire. Il est alors beaucoup plus simple de soumettre des milliers de cellules à des pressions mutagènes en labo (produits chimiques mutagènes, rayons gamma...), puis de faire des milliers de multiplications cellulaires, puis d'en faire des plantes. Cette méthode, toujours aléatoire, longue, peu industrialisable, a donné de multiples plantes consommées aujourd'hui : blé, orge, (des bretons pensent que les sarrasins, actuellement les plus cultivés, ont été sélectionnés ainsi). En plus des risques évoqués plus haut, cette technique (et les suivantes) provoque autant, voire plus, de perturbations du génome et d’effets « non intentionnels » que la transgenèse. Et les « améliorations » voulues, comme la simple augmentation d’une protéine, provoquent  des problèmes de santé (cf : trop d’augmentation des glutens de force dans les blés).

 

 

5) MUTAGENESE DIRIGEE (OU TILLING) : étape suivante : avec le séquençage génétique, on peut savoir, en 48 h, si une mutation souhaitée est apparue sur l'une des milliers de cellules soumises à un stress mutagène. Ensuite, on n’a qu'une seule cellule à multiplier pour en faire une plante, on gagne énormément de temps. C'est cette méthode, industrialisable, qui relance aujourd'hui la mutagenèse comme alternative aux OGM, dont les consommateurs ont compris les dangers. C’est le tournesol « Express Sun » de Pionner.

 

 

 

6) MUTAGENESE REELLEMENT DIRIGEE: grâce à l'introduction dans une cellule, d'éléments d'ADN (micronucléotides), qui ne sont pas des gènes (il n'y a donc pas transgenèse au sens strict), on peut orienter la pression mutagène sur le ou les gènes qu'on veut faire muter. De nombreuses voix scientifiques européennes s’élèvent, pour demander que cette nouvelle technique soit classée comme OGM, et subisse les mêmes obligations d'évaluation et d'information du public.

 

 

Guy KASTLER

Publié dans Divers

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