"Message au NPA" de Raoul Jennar

Publié le par comité NPA Loire Nord

Chères Amies, Chers Amis,

Chers Camarades,

Je partage tous les termes de la contribution de Samy. Et particulièrement lorsqu'il souhaite:

"que tout le monde soit mis en situation de pouvoir contribuer aux élaborations à égalité".

 

Lors du dernier CPN, j'avais appelé à ce qu'on s'interroge sur les raisons de l'effacement de membres venus au NPA par choix et qui sont aujourd'hui déçus. Non pas à cause de la stratégie adoptée à l'occasion des européennes, ni à cause du montant de la cotisation, mais parce qu'ils ne trouvent pas l'espace de dialogue dont la nature même du NPA fait devoir à tous ses militants, quelle que soit leur origine, de le privilégier. J'avais appelé à ce que le processus d'ouverture du NPA se poursuive.

 

Je connais des gens qui ont renoncé tout simplement parce qu'en dehors des luttes dans les entreprises, il n'y a, dans leur comité local, aucune place pour les combats écologiques ou pour les questions institutionnelles ou pour des débats sur des enjeux de société ou sur le capitalisme et ses alternatives (en dehors, bien entendu, de la lecture liturgique des textes sacrés du 19e et du 20e siècle). Et en plus, on les a envoyés paître chaque fois qu'ils ont tenté de mettre ces questions à l'ordre du jour. J'en connais dans le Morbihan, dans le Lot et Garonne, en Haute-Savoie, dans les Alpes de Haute Provence. J'en connais aussi dans d'autres départements qui m'écrivent qu'ils ne vont plus rester longtemps au NPA tant, à leurs yeux, le fossé est grand entre les principes fondateurs d'une part et d'autre part, le discours et la pratique du NPA au quotidien.

 

Allons-nous fermer les yeux devant ces départs «  sur la pointe des pieds » de militants qui avaient rejoint plein d'espoir le processus de création du NPA ? A celles et ceux qui ont décidé la création du NPA, je voudrais rappeler ce propos de Michel Benasayag : une erreur serait de croire « qu'il ne faut accepter la diversité que comme un impôt dont il s'agirait de s'acquitter. »

 

A la veille de l'Université d'été où malheureusement je ne pourrai pas, en fin de compte, me trouver (mon audition à Phnom Penh a été avancée au 2 septembre et je dois la préparer), je voudrais rappeler un très important chapitre du livre de Philippe Pignarre : Etre anticapitaliste aujourd'hui, Les défis du NPA.

 

Il s'agit du chapitre 5 où la question est clairement posée du choix entre un parti révolutionnaire ou un parti anticapitaliste et des implications de ce choix.

 

Je voudrais citer un passage extrêmement important à mes yeux (pp.126-127) :

 

«  Ce qui est important, c'est que [les anticapitalistes] qui (...) rejoignent le NPA doivent venir l'enrichir de cette pratique qui les définit par ailleurs. Ils doivent pouvoir apporter dans le NPA cette compréhension du capitalisme qui est issue de cette manière de s'y opposer, (...).

La réponse la plus folle – autodestructrice – que les révolutionnaires pourraient leur apporter est de ne pas savoir les écouter, de ne pas comprendre qu'ils apportent avec eux le bruit du monde qui nous entoure et nous définit malgré nous, Si les révolutionnaires croient que les activistes anticapitalistes sont seulement ? le symptôme de la carence des grandes organisations à répondre aux nouveaux enjeux?, ils n'apprendront rien avec eux. Et s'ils n'apprennent rien avec eux, les anticapitalistes ne resteront pas ; ils partiront sur la pointe des pieds, car ils auront l'impression d'être inutiles. »

 

Le NPA est le projet politique nécessaire pour faire face aux défis du XXIe siècle avec des réponses du XXIe siècle. Pourvu qu'il tienne les promesses inscrites dans ses principes fondateurs et dans ses statuts.


Pour ce qui concerne le respect des cultures politiques différentes et des expériences militantes différentes, il y a eu, dans trop de cas, des défaillances. Et elles ont été tolérées. Pour protéger de vieux – ou de vieilles – camarades. Au détriment des nouveaux. Partis depuis lors.

Alors que je dois m'absenter jusqu'en septembre de l'an prochain pour des raisons professionnelles, je tiens à redire mon adhésion pleine et entière au projet que fut et que reste malgré tout le NPA. J'aimerais à mon retour pouvoir me réjouir des progrès accomplis et ne pas avoir à demander : qu'avez-vous fait de cet indispensable projet ?

 

Raoul M. JENNAR

CPN et CE jusqu'à ce jour.

20/08/2009

Publié dans Débats NPA

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Jérôme 21/08/2009 09:17

Voici au moins un avantage de notre comité, plutôt "indépendant" du national.
En effet, notre constitution atypique, puisque post-congrès et en plus réunissant un groupe assez hétéroclyte d'individus; nous situe directement dans ce qu'on peut tirer du mieux de l'"outil" que représente le NPA.
Avançons donc et faisons avancer le NPA vers le socialisme du 21ème siècle!