Pour sauver des vies, les médecins urgentistes entrent en résistance

Publié le par comité NPA Loire Nord

Il faut préciser que la loi Hôpital Patient Santé Territoire demande aux soignants davantage de participation à la gestion "directe" (comprendre : écarter ou garder une personne malade), et que cette "gestion" sera rémunérée au nombre (vous avez bien lu rémunérée). Le temps d’écoute, le temps de "travail invisible" est baffoué par l’application de ces grilles de gestion (d’où découlera l’ordre de compétitivité pour un établissement donné). dans les hôpitaux, y compris ceux qui ont résisté jusqu’ici au souffle destructeur néolibéral, l’atmosphère entre les employé-e-s (médecins, IDE, AS, ASH, administration etc) se dégrade : il y a ceux et celles qui malgré tout résistent, et il y a ceux et celles qui entrent en conformité (quelle qu’en soit la motivation, la lassitude, l’acceptation, la résignation... cela provoque des incompréhensions et des ruptures dans le personnel, sans compter toutes sortes de pressions, harcèlements, que je vous laisse imaginer, et on peut se demander comment est-ce que tout cela pourrait-être d’une part viable et d’autre part réconciliable, si toutefois ces questionnements restaient à l’ordre du jour.

Nous pourrions dire que nous sommes déjà soigné-e-s par de grand-e-s souffrant-e- s. Soutenir la solidarité à l’oeuvre semble être la moindre des choses, dans chaque domaine, dans chaque ramification qui se présente à soi, individuellement, collectivement.

 

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Nous, médecins urgentistes de toute la France, annonçons dès maintenant, que quel que soit l’avenir de la loi HPST, en parfaite conscience de la gravité de notre geste, demain nous entrerons en résistance.

Nous continuerons à accomplir la mission que le Conseil National de la Résistance a souhaitée pour l’hôpital public.

Nous accueillerons à l’hôpital public, en tout temps, en tout lieux, tous les hommes et toutes les femmes qui se tourneront vers le service public de la santé.

Aucun patient n’est une marchandise, nos hôpitaux ne sont pas des entreprises où un pseudo PDG pourra demain décider quels sont les bons et les mauvais soins, quel est le projet médical que les médecins "à la botte" devront mettre en œuvre.

Notre dignité est de refuser de choisir les patients "qui valent la peine".

Notre dignité est de voir dans chacun de ceux et celles qui se tournent vers nous des hommes et des femmes souffrant qu’il faut aider au nom de l’humanité, qui n’est pas une valeur de marché.

Nous appelons tous les soignants, s’il le faut, demain, à désobéir à la logique qui nous est imposée malgré tous nos appels à la raison.

Nous préférons la légitimité à la légalité.

Nous préférons les valeurs humaines à la loi.

Nous préférons la dignité aux honneurs.

Il n’existe pas de délit de solidarité.

Nous entrons en résistance parce que nos valeurs sont différentes de celles de cette loi, nos valeurs sont celle du Conseil National de la Résistance et de notre république :

"Liberté, Égalité, Fraternité ".


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Jean-Claude Beurrier

jeanclaude.beurrier @free.fr

"Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci". Paul Eluard

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