Contributions NPA Renault Cleon "Interdiction des licenciements"

Publié le par comité NPA Loire Nord

L’interdiction des licenciements

une revendication transitoire

qui ne doit pas être dévoyée par un projet de loi

 

Texte adopté par le comité Renault Cléon (76)

A l’unanimité des présents le 18/07/09

 

Dans le même esprit nous sommes très inquiets sur cette histoire de proposition de loi pour l’interdiction des licenciements.

 

La première question qui s’impose est celle de savoir à quoi va servir cette loi : nous n’avons pas d’élu pour la porter et aucune majorité à qui la proposer(cela serait différent s’il y avait une majorité dite de « gauche » à l’assemblée que l’on pourrait interpeller) ?!

Ensuite une telle loi peut-elle être utile dans le contexte actuel ?

 

Face aux vagues de licenciements qui vont aller en s’amplifiant dans le privé comme dans le public l’importance de l’interdiction des licenciements est cruciale. Elle permet non seulement de s’opposer à une dégradation dramatique des conditions de vie mais elle permet en positif de reporter la responsabilité du chômage sur ses véritables responsables : le système et ses sbires.

 

Cette revendication est difficile à reprendre car elle exige une remise en cause du système et une autre perspective politique, c’est dans ce sens qu’elle est transitoire.

Aujourd’hui le réflexe des salariés, en cas de licenciement, est surtout de limiter la casse en améliorant les conditions de départ. Pourtant petit à petit cette revendication fait son chemin et est de plus en plus reprise par des syndicats, dans des manifs. Ainsi en Seine Maritime, cette revendication, comme celle des 300 € est reprise par plusieurs UL CGT et des syndicats. Mais, aucun syndicat, aucune discussion ne porte sur la question d’une loi. D’ailleurs, à analyser les programmes revendicatifs, personne n’avance une loi pour l’augmentation des salaires ou pour la retraite à 60 ans. Le mouvement syndicale et social se bat contre des lois et projets de loi (loi mobilité pour les fonctionnaires, loi sur le travail du dimanche, loi Bachelot…) mais dans les revendications, mettre au centre la question de la loi, c’est resté sur le terrain des rapports de forces politiques électoraux, et pas celui de la lutte contre le patronat et le gouvernement. Cette revendication est un enjeu crucial aujourd’hui. On ne pourra l’imposer que par un rapport de force où les luttes sociales l’imposeront et veilleront à sa réalisation. La bataille n’est pas gagnée mais elle progresse.

 

Or dans ce contexte, élaborer puis promouvoir une telle loi est contre productif. Au moment où cette revendication commence à etre reprise dans le mouvement social, proposer une loi la ramène sur le terrain électoral risquant d’offrir aux directions syndicales qui la refuse une excuse en or : laissons les partis s’en occuper. Cela comporte aussi l’illusion que nous pourrions l’obtenir sans gagner le rapport de force et sans qu’elle soit portée par un mouvement d’ensemble.^

 

Avec la crise et ses effets dévastateurs sur le monde du travail, l’idée est plutôt de travailler à l’unification des luttes, ce qui nécessite de poser la question de l’unification des revendications dans une plateforme commune à tous, privé comme public, précaire, chômeurs et retraités. Si la question des licenciements est central, d’autres questions le reste, comme la baisse de la TVA sur les produits de consommation courante, l’arrêt des suppressions de poste dans la fonction publique, la question des salaires, l’indemnisation du chômage partiel. Quelque part, la crise nous aide à expliquer que ce qu’il faut faire, c’est remettre en cause le système économique actuel. Il faut donc faire converger toutes les revendications en expliquant que leur satisfaction nécessite de rompre avec la loi du profit centre du système économique capitaliste.

Centrer notre intervention sur la question d’une loi pour l’interdiction des licenciements, c’est passer à côté de notre responsabilité en se recentrant sur la question des élections et notamment de 2012, bref c’est faire le boulot pour le PS.

 

Ce serait une erreur grave de participer à déplacer les enjeux autour de la revendication de l’interdiction des licenciements.

Depuis sa création le npa n’a cessé de marquer des points et de progresser : nombres de militants, interventions, résultats électoraux modestes mais non négligeable, campagnes, … Il nous faut continuer en proposant à toutes les organisations « à gauche du PS » des campagnes unitaires sur le terrain des luttes permettant de modifier les rapports de force et de convaincre tous ceux qui aujourd’hui souffre de la crise et du capitalisme qu’un autre monde est possible.

Publié dans Débats NPA

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article