Contributions NPA Renault Cleon "Elections Régionales"

Publié le par comité NPA Loire Nord

Le temps des élections n’est pas encore venu.

 

Texte adopté par le comité Renault Cléon (76)

A l’unanimité des présents le 18/07/09

 

Comme d’autres nous avons été désagréablement surpris de découvrir dans la presse l’existence et le contenu de la déclaration commune npa/pg et ce pour plusieurs raisons.

 

La première concerne le fonctionnement de l’organisation et les prises de décisions. Loin de nous la volonté  d’empêcher toute initiative à la direction, mais en respectant le cadre donné et en tenant compte du contexte. En effet déjà pour les européennes la désignation des têtes de listes n’était pas passée sans mal, recommencer encore une fois à ne pas respecter les rythmes internes de débat concernant un sujet sensible plusieurs mois à l’avance n’augure rien de bon.

La question des consignes et fusions, qu’elles quelles soient, ne saurait être tranchées en dehors du CPN de septembre et peut-être d’une conférence nationale. En effet pour que les débats nécessaires aient lieu dans les meilleurs conditions, il nous semble vital qu’aucun comité ne s’en sente dépossédés, or dans le cas présent cela ressemble fortement à une mise devant le fait accompli. Au vu du nombre et du contenu fort varié des contributions et des réactions, il apparaît clairement que la dernière déclaration du CPN n’avait pas été comprise de la même façon par tous.

 

Les déclarations communes nous propose au deuxième tour de « battre la droite », c'est-à-dire de voter PS au second tour. Si nous ne sommes pas forcément d’accord entre nous sur le fait d’appeler à voter PS au deuxième tour, il ressort néanmoins qu’une telle consigne est forcément prématurée et qu’elle fait le jeu du PS. Et cela sans qu’aucun bilan critique ne soit tiré des régions dites à gauche (21 sur 22).

 

Nous pouvons légitimement nous interroger sur la différence avec les majorités de droite. Concernant la Haute Normandie, la majorité dite de « gauche » au Conseil Régional comme au Conseil Général mène une politique libérale de soutien aux industrie avec notamment vote de subventions à RENAULT en lieu et place de soutenir les travailleurs, les sans emplois et leurs organisations. Il faut se demander ce que signifie « battre la droite » et sur quel programme nous unir avec d’autres pour le faire. La dernière résolution du CPN parlait d’un contenu politique dont on ne voit pas le début dans la déclaration npa/pg qui se limite à de la tactique électorale.

 

La deuxième raison a trait au contenu de cette déclaration. Comme cela a déjà été écrit de nombreuses fois la situation n’est pas évidente : une combativité importante et éparpillée de la classe ouvrière (au sens large), pas de débouché d’ensemble pour les luttes, un manque de perspective politique qui se traduit pour le moment à la fois par une incapacité à imposer la grève générale et par une abstention massive aux élections européennes.

 

Pour le moment NPA ne parvient pas à incarner cette perspective politique qui doit se concrétiser sur le terrain social et politique. Il nous semble que la tâche essentielle et de réunir ces deux terrains en s’efforçant de porter les questions et perspectives politiques au sein du mouvement social, dans les syndicats et de porter la combativité et les revendications du mouvement social sur le terrain politique.

Nous sommes inquiets de voir à quel point la perspective des régionales et celle de notre campagne de rentrée sur l’emploi sont gérées et pensées de façon séparées.

Les ouvriers, les salariés, les jeunes, les femmes qui en prennent plein la tronche aujourd’hui, et malheureusement ce n’est pas la fin, ont besoin (et nous avec) de reprendre confiance dans nos luttes et nos perspectives. Il faut donc arrêter d’avoir d’un côté la vie de tous les jours et de l’autre la politique réservée au moment des élections. Il nous semble que seul le NPA est capable d’impulser cela. Puisque nous avons décidé d’une telle campagne, Ne devrions-nous pas au lieu de chercher des accords électoraux avant tout, faire l’inverse : proposer une campagne unitaire contre les licenciements… et suite à cela se poser la question d’une « alliance » électorale avec ceux avec qui on a réussi à faire campagne ?!

 

Proposons à toutes les organisations « à gauche du PS » une série d’affiches unitaires : pour l’interdiction des licenciements, … Pouvons nous, autre exemple, prendre l’engagement que nous nous battrons ensemble dans les syndicats pour qu’aucune boîte ne puisse licencier sans qu’une lutte soit organisée unitairement pour protester. Cela nous permettrait de mesurer concrètement quelle unité est possible, sur quoi et avec qui. Il est évident pour nous que sur la base de telles actions nous aurions non seulement une réelle base pour avancer sur des accords électoraux mais nous contribuerions à renforcer le mouvement social. C’est pourquoi nous tenons à exprimer notre désaccord tant avec la méthode qu’avec le contenu de cette déclaration.

 

Aujourd’hui certes, le NPA a, pour les élections, une politique unitaire volontariste et très médiatisée, mais à quoi ressemble nos déclarations communes, si ce ne sont que des accords électoraux qui vu leur peu de contenu et leur absence de concrétisation (hors consigne et fusion au 2ème tour !), ressemble à n’importe quel autre accord ou promesses électorales. Est-ce vraiment avec de tels accords que nous pensons participer à construire une gauche de combat à même de faire payer leur crise aux patrons et à en finir avec le capitalisme ?!

A quoi nous sert de connaître nos accords avec les uns et les autres si on ne les concrétise pas sur le terrain des luttes sociales, ce qui est tout de même le meilleur moyen de les renforcer et de les vérifier ?

Si ces campagnes communes permettent des accords aux élections et bien tant mieux !

Publié dans Débats NPA

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