Les élections en Iran : une lourde défaite de l’impérialisme- Jean Lévy

Publié le par comité NPA Loire Nord

dimanche 14 juin 2009



Bases américaines encerclant l’Iran

« ILS » attendaient, la mine réjouie, la défaite de Mahmoud Ahmadinejad. Depuis des jours, les médias, télés, radios, journaux, les porte-paroles du CAC 40 - Bernard Guetta et Le Monde, en premier - annonçaient le « désamour » des Iraniens pour leur président. Celui-ci aurait déçu ses propres supporters, les « pauvres » se seraient détournés de lui, faute d’avoir touché des « dividendes du pétrole », les « femmes » attendaient les élections pour gagner leur « libération », les « jeunes » n’en finissaient pas de manifester contre Ahmadinejad.

C’est du moins ce que les journalistes, « experts » et autres « spécialistes » de l’Iran nous contaient jusqu’à la veille des élections. Les « correspondants sur place » confirmaient ces heureuses prédictions. .

Les ennemis de Mahmoud Ahmadinejad s’étaient mis à rêver, pris au piège de leur parti pris et de leurs mensonges.

En fait, comme à l’accoutumée, méprisant et ignorant le peuple – celui-là et les autres - les médias, dans leurs reportages, n’interrogeaient que « l’élite » iranienne, la bourgeoisie citadine. Ils ne recueillaient ainsi que des témoignages « unanimes », hostiles au président sortant. Et de prétendre qu’il s’agissait de l’opinion générale de la population. De « ceux qui comptent » parmi celle-ci, évidemment.

Interroger les « pauvres », quelle idée « populiste » ! Depuis quand, en France, interviewe-t-on les « Contis » à Compiègne, les ouvriers de Caterpilar, les étudiants de Censier ou de Nanterre, les pêcheurs de thon rouge ou les petits producteurs de lait, à la veille d’élections ?

Et samedi matin, à Téhéran, la « nouvelle », tant redoutée, leur est tombée sur la tête.

Voici le président sortant élu, dès le premier tour avec 63% des suffrages sur 85% de votants. Mir Hussein Moussavi, le candidat « rassembleur », pour reprendre une formule du Monde…ne « rassemblait » que 33% des suffrages.

Le coup asséné, il fallait bien en expliquer les raisons.

D’abord, les journalistes retrouvaient leurs arguments habituels : « Ahmadinejad, avec l’argent du pétrole, a favorisé les couches populaires les plus défavorisées ». Les médias prétendaient le contraire, la veille…Peu importe, le président, plus « populiste » que jamais, prouvait par là, non seulement sa démagogie, mais son inculture économique : au lieu d’enrichir les plus riches, comme il se doit dans un pays civilisé, grâce à un « bouclier fiscal », il privilégiait le peuple !

A-t-on vue chose pareille préconisée par le FMI ?

Justement celui-ci et sa maison-mère, les Etats-Unis, marquent leur désapprobation vis-à-vis du vote des Iraniens. Ils avaient misé sur le perdant. Ce n’est pas de jeu. Aussi, les manifestations violentes à Téhéran, « de centaines » de partisans de Mir Hussein Moussavi, contestant la défaite de leur poulain, tombe à pic. Et si les élections avaient été truquées, comme celui-ci le prétend ?

En effet, on a du mal à croire qu’un peuple fasse, démocratiquement, la loi chez lui, alors que cette loi est contraire aux intérêts étasuniens et européens. « L’opinion occidentale » peut elle accepter, sans réagir, un verdict populaire qui contrarie les objectifs de Washington, de Paris et de Bruxelles ? Les violences qui se déroulent dans la capitale iranienne viennent à point nommé pour délégitimer la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. Et servir de justification à une nouvelle politique de sanctions à l’égard de l’Iran.

En clair, le peuple d’Iran, le 12 juin, a marqué sa volonté d’exercer sa pleine souveraineté face aux appétits des capitalistes US et européens, et son souci de défendre son indépendance nationale contre les interventions étrangères.

Le choix des Iraniens leur appartient.

C’est la défaite de l’impérialisme que nous saluons ici.

 

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