Qui est le "moderé" Moussavi?

Publié le par comité NPA Loire Nord

Le candidat Moussavi pris à partis une nouvelle fois pour sur son rôle dans les massacres

 

 

 

 

23-05-2009

     
Iran Focus :

Le 18 et 19 mai dernier,  les étudiants des Universités de Zanjan (nord-ouest de l'Iran) et de Qazvine (centre) ont successivement fustigé le candidat Moussavi,  exigeant des explications sur son rôle dans le « massacre des prisons » durant l’été 1988. Plus de 30,000 prisonniers politiques avaient alors été exécutés en quelques mois dans les prisons à travers le pays.

A Zanjan les étudiants ont explicitement demandé à Moussavi « où étiez-vous en 1988, et combien de personnes avez-vous tuées ? ». On pouvait lire sur une pancarte brandit par les étudiants (photo) : « Mir Hossein Moussavi, 1988 ? », « La terre de Khavaran est encore rouge ». Khavaran fait référence aux charniers du cimetière de Khavaran où gisent des milliers de prisonniers politiques, pour la plupart des jeunes.

A Qazvine les étudiants ont protesté contre Moussavi, en scandant « 88, 88 !», exigeant des explications sur son rôle durant le massacre des prisonniers politiques. Des pancartes brandies ici et là disaient : « Mir Hossein, 88 ! », « Libérez les étudiants » et «Evine accepte désormais les étudiants », pour rappeler l'augmentation du nombre d'étudiants incarcérés dans la funeste prison d'Evine de Téhéran.

Mirhossein Moussavi a dirigé le gouvernement de 1981 à 1989 et est considéré l'un des hauts responsables du massacre de 30.000 prisonniers politiques au cours de l'été de 1988.

 Il s’agissait dans leur immense majorité d’étudiants arrêtés dans les grandes rafles du début des années 1980 pour leur soutien à l’OMPI, la principale force d’opposition. L’an dernier, à l’occasion du 20ème anniversaire du « massacre des prisons », l’organisation Amnesty International a publié un rapport dans lequel elle a demandé que « les responsables du ‘massacre des prisons’ soient tenus de rendre des comptes, il ne devrait pas y avoir d'impunité pour des violations des droits humains aussi manifestes, quelle que soit la période à laquelle elles ont été commises. »

Déjà, le 6 mai dernier Mirhossein Moussavi avait été pris à parti une première fois pour son rôle dans la répression, alors qu’il participait à une réunion avec les étudiants de Babolsar (au bord de la mer Caspienne).

L’un des étudiants avait alors pris la parole lors de la réunion électorale organisée dans la mosquée de l’université Babolsar et avait interrogé Moussavi en ces termes : « À l’époque vous étiez premiers ministres. Vous étiez la troisième personnalité de l’État.  Que répondez-vous à propos du silence que vous aviez affiché ? Il faut que vous répondiez franchement à cette question ! »

Alors que Moussavi tentait de s’esquiver à propos de son rôle dans l’une des épisodes les plus sombres de l’histoire contemporaine de l’Iran,  et alors qu’il s’apprêtait à quitter la salle, les étudiants s’étaient mis à scander : « Mir Hossein réponds sur 1988 !», « libérez les étudiants emprisonnés! »

Récemment, Reza Malek, ancien adjoint de la division des investigations du Ministère du renseignement iranien, qui fut lui même arrêtés, a révélé dans un message vidéo adressé au secrétaire général Ban Ki Moon, qu'en 1988, plus 33,000 prisonniers politiques ont été exécutés dans les prisons iraniennes.

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Document - Iran.

 Le 20e anniversaire du " massacre des prisons " de 1988

AMNESTY INTERNATIONAL

Déclaration publique

Index AI : MDE 13/118/2008

ÉFAI

19 août 2008

 

           Iran. Le 20e anniversaire du « massacre des prisons » de 1988

 

Vingt ans après le lancement en septembre 1988, par les autorités iraniennes de l'époque,
d'une vague d'exécutions sommaires, massives et le plus souvent secrètes, Amnesty International demande une fois encore que les responsables du « massacre des prisons » soient tenus de rendre des comptes. Il ne devrait pas y avoir d'impunité pour des violations des droits humains aussi manifestes, quelle que soit la période à laquelle elles ont été commises.

L'organisation demande également au gouvernement iranien actuel de ne pas empêcher les proches des défunts de se rendre au cimetière de Khavaran dans le sud de Téhéran ou de marquer cet anniversaire aux environs du 29 août en demandant justice pour les êtres chers qu'ils ont perdus. Parmi les personnes exécutées sommairement, des centaines sont enterrées dans ce cimetière, souvent dans des fosses communes.

Amnesty International craint que les autorités iraniennes ne cherchent à empêcher ou disperser toute manifestation et elle rappelle au gouvernement iranien qu'il est tenu aux termes du droit international d'autoriser les personnes qui se rassemblent pacifiquement à exprimer leurs points de vue sans craindre d'être arrêtées.

Le droit international relatif aux droits humains requiert des autorités iraniennes qu'elles enquêtent de manière exhaustive et impartiale sur les violations du droit à la vie telles que celles qui ont été commises lors du « massacre des prisons », qui a débuté en 1988 et s'est poursuivi pendant l'année qui a suivi ; les autorités sont tenues d'identifier les responsables de ces agissements et de les déférer à la justice. Ni le fait de n'avoir rien entrepris jusqu'à maintenant, ni le temps qui s'est écoulé depuis ces homicides ne réduisent la responsabilité qu'ont les autorités d'agir.

Les responsables de ces homicides – qui constituent une des pires violations des droits humains commises en Iran – doivent être poursuivis en justice et jugés par un tribunal légalement constitué offrant toutes les garanties d'une procédure régulière, conformément à ce que prévoient les normes internationales d'équité des procès. Si l'enquête conclut à leur culpabilité, ces personnes devront recevoir une sanction appropriée prenant en compte la gravité de ces crimes, sans recours à la peine de mort ni aux châtiments corporels.

 

Complément d'information


À partir d'août 1988 et jusqu'à peu après le dixième anniversaire de la révolution islamique en février 1989, les autorités iraniennes ont procédé à des exécutions massives de prisonniers politiques :
il s'agissait de la plus importante vague d'homicides depuis celles qui avaient eu lieu lors de la première et de la deuxième année ayant suivi la révolution iranienne en 1979. Au total, entre 4 500 et 5 000 prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes, auraient été tués.

Pour plus d'informations, voir le document d'Amnesty International intitulé:

Iran. Violations des droits de l'homme 1987-1990 (index AI : MDE 13/21/90).

FIN/

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