Pour un débat stratégique dans le NPA; comité sud essonne

Publié le par comité NPA Loire Nord

Après les élections européennes…

Le comité sud essonne, réuni le 10 juin, a fait le bilan des résultats aux élections européennes.

Avec moins de 5%  pour le NPA, ce résultat n’est pas bon et en dessous des résultats escomptés.

 

 

 

Cet échec relatif appelle  quelques réflexions :

1)                  sur la campagne :

-         la stratégie de ne pas avoir de têtes de listes connues a certainement joué sur le résultat

-         le contenu de la campagne était en décalage par rapport au thème de l’élection. Ne pas payer leur crise est un bon slogan syndical pas un slogan politique rassembleur. Une thématique autour de « confirmez le NON au TCE en votant NPA pour changer l’europe » aurait certainement davantage parlé aux abstentionnistes qui se sont sentis floués par la partis politiques dont aucun d’ailleurs n’a repris vraiment cette thématique du NON

-         manque de préparation de la campagne et d’organisation : nombre de camarades ont rejoints le NPA, parti porteur d’espoir, sans avoir d’expérience politique et militante. Il aurait été indispensable d’avoir un momento –mode d’emploi sur les élections (campagnes- etc)

 

2)       Sur le fond : le NPA a fait cavalier seul dans ces élections (il fera de même à Henin Beaumont avec 5 listes de gauche contre le FN). Le comité sud essonne reste persuadé qu’une alliance sur les européennes aurait du être réalisée avec le FG. L’avantage en aurait été de coincer le PC pour les échéances futures dans son jeu d’alliance avec le PS, en le mettant au pied du mur. C’est le PC qui aurait quitté le « FG » pour des visées électorales !

De plus, il est évident qu’une telle alliance aurait répondu aux attentes des votants au NON qui n’ont pas compris pourquoi les mêmes se présentaient aujourd‘hui de manière dispersée en disant globalement les mêmes choses. … sinon pour se compter !  Une alliance aurait potentialisé les résultats et permis un séisme dans la vie politique française et européenne avec un score dépassant les   12 ou 13 % voire plus !

 

 

Le comité sud essonne est inquiet à la lecture des communiqués du NPA, qui pratique la langue de bois en refusant de reconnaître l’échec aux élections et qui ne pratique aucun autocritique. Pire même, le communiqué du 7 juin précise la nécessité « d’une gauche de combat, pas une gauche de cogestion du système capitaliste, des institutions européennes aux collectivités locales . Nous continuons de proposer à toutes les formations de la gauche antilibérale et anticapitaliste un accord durable dans les échéances sociales et politiques à venir, pour encourager la convergence des luttes ».

Cela pose la question du rapport au « pouvoir » et au « gouvernement ». A quoi bon se présenter aux élections dans ce système qui est capitaliste puisque tout élu participera (même s’il le combat) de fait à sa gestion quelque soit le niveau. Il est d’ailleurs clair à la lecture du communiqué que l’union n’a pas pour objectif de « gouverner » mais la lutte…. Bref le NPA se comporte toujours comme un super syndicat !!!

 

Que dire de l’analyse du CE du 11 juin  interprétant l’abstention comme un rejet de la crise du système capitaliste et des gouvernements européens, alors même que les droites l’emportent  partout et surtout que NOTRE discours n’a pas été entendu, alors même qu’il portait sur le refus du capitalisme ?

Cette abstention c’est  aussi  NOTRE échec !

Si l’analyse de l’absence de volonté syndicale d’en découdre est assez juste, elle peut aussi s’expliquer par la question pour le mouvement syndical de l’alternative politique après un mouvement qui renverserait un gouvernement en place.

 

Aujourd’hui, le comité sud essonne a davantage l’impression d’appartenir à un super syndicat appelant à la lutte toujours et partout mais pas à un parti proposant les modalités de changement politique de la société. La grève générale aboutissant au renversement du gouvernement : que faisons nous à la place ? quelle politique et changement des institutions ?

La question du rapport au pouvoir pour le NPA est la suivante :

-               prise du pouvoir par les armes ? il faudrait pour cela une stratégie révolutionnaire au moins d’une minorité et une organisation posant les actions y conduisant.

-               par les urnes ? mais alors qu’est-ce qu’on change dans les institutions ? et dans la politique sociale et économique concrètement au delà de slogans contre les licenciements ?

-               quel type de « gouvernement » ensuite ?

 

Ces questions nous paraissent fondamentales à discuter dans un parti composé au 2/3 de personnes pas toujours militantes mais qui y ont adhérer parce qu’ils voulaient faire changer les choses à gauche.

Les membres du comité sud essonne ont à plusieurs reprises fait le constat d’un problème de démocratie dans le fonctionnement du NPA : choix des têtes de listes par le CE, idem pour les stratégies et la thématique, choix du nom du journal (très mauvais !), réunion départementale sans réel débat (on écoute et on passe au point suivant)…..

Au niveau national, il semble que le comité exécutif ait déjà décidé de maintenir le cap pris pour les européennes, comme si le fait que l’abstention de 73% des personnes ayant voté Besancenot aux présidentielles n’était pas à analyser.

 

Le comité sud essonne appelle à un véritable débat sur les stratégies à venir, et à changer d’orientation.

Le NPA ne doit pas être la LCR bis… et doit avoir vocation à devenir un parti de masse, sans que cela implique de renoncer à ses principes.

Le NPA a laissé passer une occasion lors de ces élections. cela ne doit pas se reproduire. Le débat doit être à la hauteur de l’espoir mis par des milliers de personnes dans la création du NPA. A défaut de prise en compte de la déception qui pointe (voir les difficultés de remontées de adhésions, montrant que nombres d’adhérents du départ sont dans l’expectative devant la stratégie mise en place), le NPA risque de redevenir une LCR … avec des votants – sympathisants en moins.

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