texte du courant "Convergences et alternative" après les élections européennes

Publié le par comité NPA Loire Nord

Après les résultats des élections européennes,

 

CHANGER DE CAP

 

            La forte résistance sociale qui se manifeste en France face à la crise capitaliste n’a pas trouvé d’expression politique à la hauteur lors de cette élection. L’abstention à 60 %, c’est le signe d’un refus du cadre institutionnel non démocratique de cette construction européenne, c’est un rejet des consensus droite/gauche si fréquents, c’est une crise de la représentation politique. Le manque d’alternative crédible et les divisions à gauche ont accentué cette abstention, permettant à l’UMP d’arriver en tête et d’afficher un succès par défaut, malgré le discrédit qui montait depuis des mois contre la politique de Sarkozy. Le pouvoir se servira de ce résultat pour poursuivre son offensive antisociale et ses atteintes aux libertés démocratiques.

 

            Ce sont bien l’orientation sociale-libérale du PS, son acceptation du traité de Lisbonne, alors qu’une majorité d’électeurs de gauche s’était prononcée pour le « non » en 2005, ses ouvertures vis-à-vis d’un Modem de centre-droit, qui ont été sanctionnées par les électeurs de gauche. Tous les ingrédients de la crise du congrès du PS à Reims sont encore là et vont produire de vifs débats. Et ce n’est pas avec cette  orientation-là que l’on répondra aux exigences de ceux qui souffrent de la crise et de la politique gouvernementale, ni que se recomposera une gauche digne de ce nom. Car il s’agit bien, après ce résultat, de reconstruire et de recomposer une gauche capable de recréer une dynamique si l’on veut battre la droite au pouvoir et empêcher l’extrême droite de relever la tête.

 

            Les progrès importants de la liste Europe Ecologie, malgré l’impasse faite dans sa campagne sur la nécessaire rupture avec le libéralisme pour forger une alternative écologique, soulignent que la lutte contre les dangers menaçant notre environnement est désormais une préoccupation majeure. La gauche à reconstruire doit, plus que jamais, intégrer à tout projet de transformation sociale la rupture avec les modes de production et de consommation anti-environnementaux engendrés par la logique de profit. Mais c’est aussi parce qu’elles se sont rassemblées que les forces écologistes ont rencontré un succès. La gauche de gauche, elle, n’a pas su le faire de son côté.  La situation sociale de luttes et d’unité appelait pourtant une réponse politique, elle aussi unitaire, alternative au social-libéralisme.

 

            Le total des voix réunies sur les listes du Front de gauche, du NPA et de LO atteint 13 %, exprimant les progrès, parmi les électeurs de gauche, de la recherche d’orientations antilibérales et anticapitalistes. Mais la division en plusieurs listes concurrentes a freiné lourdement une dynamique électorale qui aurait pu polariser le débat sur les alternatives sociales et politiques, alors que le système capitaliste connaît une crise majeure.

 

Il faut une autre orientation pour le NPA

 

            Avec 4,8 % et aucun élu, le NPA ne peut se satisfaire de ce résultat, qui n’est pas à la hauteur des attentes et des objectifs qu’il s’était fixés. Ses résultats montrent un écho pour ses propositions, mais il ne peut continuer à prétendre incarner à lui seul l’alternative de gauche qui manque cruellement dans le pays. Il doit venir à l’idée qu’il faut former des coalitions, des rassemblements, un front durable, dans les luttes comme dans les élections. Car, entre les propositions européennes du NPA et celles du Front de gauche, il n’y avait pas de différences significatives pour les électeurs. Cependant, les électeurs de la gauche de gauche ont fait savoir qu’une unité même imparfaite était préférable à l’auto-affirmation solitaire d’un parti, aussi populaire soit-il dans ses propositions.

 

            Unis, nous serions plus forts et à même de commencer à construire une alternative au pouvoir de la droite. La place du NPA aurait dû, et devrait être, dans la formation d’un arc de forces unitaire. C’est là qu’il devrait peser pour faire converger deux dynamiques, celle du NPA et celle du Front de gauche, et rassembler, au-delà, l’ensemble des forces politiques et sociales, notamment celles qui ne se sont retrouvées ni dans la campagne du Front de gauche, ni dans celle du NPA (Alternatifs, Fédération, Communistes unitaires, EcoSolidaires et Alterekolo, collectifs unitaires antilibéraux).

 

            C’est ainsi que l’on pourra le mieux faire avancer les propositions politiques anticapitalistes que porte le NPA. C’est au sein d’un rassemblement unitaire, appuyé sur des collectifs locaux où les militants du mouvement social et les citoyens pourraient s’impliquer réellement, que devrait être débattue et clarifiée la possibilité d’une alternative vraiment à gauche ; une alternative qui ne se résignerait pas à des politiques gouvernementales de gestion libérale du système, et qui n’accepterait pas de nouer des alliances avec un Modem qui a pris la claque qu’il méritait.

 

             Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons reprendre une démarche de propositions et d’interpellations en direction des autres forces de la gauche de gauche. La construction d’un front politique durable doit commencer maintenant, pour répondre à l’exaspération sociale, pour engager le débat sur le contenu d’orientations communes à défendre dans les luttes actuelles comme lors des prochaines échéances électorales. Quand on examine sérieusement les propositions des uns et des autres, un accord de la gauche anticapitaliste est à portée de main, autour d’une série de mesures politiques d’urgence que devrait défendre une gauche digne de ce nom : 300 euros d'augmentation  pour tous et Smic à 1500 euros, loi d’interdiction des licenciements dans les entreprises qui versent des dividendes, défense et extension des services publics et recréation des emplois détruits, contrôle public sur les banques, investissements publics pour une relance écologique rompant avec le productivisme capitaliste, défense des droits démocratiques et de l’égalité des droits…

 

            Nous proposons que la direction du NPA s’adresse, dans les jours et semaines qui viennent, à toutes les forces politiques de la gauche de gauche, pour qu’elles se réunissent et envisagent une telle perspective. L’expression d’un accord sur nos propositions communes pourrait commencer à s’affirmer lors des mobilisations sociales actuelles et, à la rentrée, par l’organisation de meetings communs dans les principales villes et le lancement de rassemblements locaux à la base.

 

            Notre courant défendra dans le NPA un tel changement d’orientation. Il ne suffit pas d’en appeler aux luttes et à la « riposte utile » pour que les salariés trouvent un débouché politique avec le seul NPA. Il faut forger un rassemblement unitaire autour de réponses politiques atteignables par la mobilisation populaire. C’est le seul moyen de retrouver l’espoir qu'a suscité la formation d’un nouveau parti anticapitaliste chez toutes celles et tous ceux qui considéraient que ce serait un outil plus efficace, un levier plus utile, et une première étape, vers une reconstruction et une recomposition de la gauche politique et sociale.

 

 

Le courant « Convergences et alternative »

 

Pour tout contact : lecourant.npa@gmail.com

 

 

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