A Chambéry: VEOLIA et Les Transports urbains

Publié le par comité NPA Loire Nord

A Chambéry les transports sont gérés par VEOLIA.
L' entrevue ci-dessous avec un chauffeur  porte sur 2 questions :

-       L’exploitation des personnels par le groupe.

-       La difficulté à assurer des missions de service public dans  les quartiers.

 Comment ça se passe chez vous ?

Au niveau de la gestion des bus ?

Comment sont vécus ces problèmes dans les quartiers ?

Si vous avez des remarques, des témoignages des infos à nous donner

des luttes auxquelles vous avez participé….  Si la gratuité existe  
dans votre commune … Dites-nous comment ça se passe chez vous.


Problèmes de transport à Chambéry.

 

Nous avons interrogé Claude  qui est conducteur de bus et militant syndical.

 

A : « - Vous avez exercé votre « droit de retrait lundi » dernier suite à une succession de problèmes. Peux- tu nous expliquer pourquoi  ?  


 D’après le Daubé ( journal local…), la revendication de la CGT serait la création d’une police des transports ? Est ce que vous vous rendez compte que lorsqu’un flic aura tué quelqu’un à coup de taser ou de Flasch-Ball, c’est vous qui en subirez les conséquences ? Et vous en porterez  en plus la culpabilité ?

 

C :- C’est exagéré. Aujourd’hui les contrôleurs sont débordés pour canaliser les jeunes surtout à la fin de l’été. Les jeunes n’en peuvent plus de rien faire fin août. Ils font de la provoc dans les bus. Nous revendiquons auprès de la mairie la re-mobilisation du tissu social pendant les vacances, des centres sociaux….

 

Les pouvoirs publics se sont engagés à nous informer des mesures qu’ils prendraient au niveau sécurité. Vont-ils le faire ?

 Il y a d’énormes problèmes de circulation des bus. La voirie n’est pas adaptée. Sur la ligne 1 ( Chambéry le haut ), les « dos d’âne » sont particulièrement abîmés.  Dans certains endroits,  2 Bus ne peuvent pas se croiser simultanément car la voirie est trop petite. Cela accroît les risques de «  caillassage » et les conflits avec les autres usagers de la route.

La clientèle a augmenté de 25% sur le réseau ces  2 dernières années.. L’offre de transport a été augmentée ( fréquence des passages ). Cela s’est traduit par une augmentation des cadences pour les personnels de conduite.

Dans le même temps, les contraintes de circulation se sont aussi accrues.

Les chauffeurs sont confrontés à de plus en plus d’agressions verbales de la part de personnes qui ne peuvent payer leur titre de transport.

Ca rend le métier dur et pas reconnu.

 

A : -Quelles sont les solutions à ça ?

 

C :- Nous revendiquons un temps de pause de 20MN par service, des toilettes à chaque terminus,un plus grand respect des rythmes  sommeil – travail – repas au niveau des roulements. On veut que VEOLIA applique les conclusions de l’enquête réalisée par le CHSCT et l’INRS sur la souffrance au travail. Par ailleurs Chambéry métropole a investi 3 millions d’€ sur un système de gestion du réseau nommé SAEIV qui a pour conséquence d’augmenter les temps de conduite et la vitesse commerciale

 

A : - Que vous répond  VEOLIA ?

 

C : -Le groupe VEOLIA refuse toute négociation. Pourtant il n’a eu qu’à investir que 37 000 euros dans le STAC, au seul titre de son capital social. Ce modique investissement s’est révélé des plus rentables : pour les seuls exercices 2005, 2006 et 2007,

VEOLIA a empoché 805 000 euros de dividendes, auxquels il faut ajouter 1 841 000 euros prélevés au titre d’une « assistance technique » dont la réalité reste à démontrer. Comme cela ne suffisait visiblement pas pour satisfaire les appétits de l’ogre VEOLIA, le groupe a pompé dans la caisse du STAC 3 millions d’euros « d’avance de Trésorerie » à des taux d’intérêt de 1 à 3 %, bien inférieurs donc à ceux pratiqués sur les marchés. Et, cerise sur le gâteau, le groupe VEOLIA a

profité de la situation pour sous-traiter les lignes de bus du STAC à la société savoyarde FROSSARD, dont il faut savoir qu’elle n’est en réalité que l’une des nombreuses filiales de ce groupe tentaculaire !

Pour l’exercice 2008, VEOLIA affiche un bénéfice net après impôt de

468 000 euros.

 

C :- A :- Combien coûte le ticket ?

 

1€ 1O le ticket . Il y a différentes tarification « aidée » ( scolaires, chômeurs…)  avec un système de ticket de couleur différentes selon la catégorie à la laquelle on appartient.

 

A :- Donc si j’ai bien compris sans les transfert vers VEOLIA le billet ne devrait jamais coûter 1€1O. Du coup, plus besoin de tarif aidés ? Et la gratuité alors ? Si les jeunes prenaient gratuitement le bus, il ne balanceraient plus des pavés dessus. Qu’en pense la CGT ?

 

C :- Dans les endroits ou cela a été essayé il semble que cela ne résout pas les problèmes de violence au contraire. La CGT pense que chaque personne doit posséder un titre de transport sans préjuger du prix. Ce titre devrait correspondre à un engagement de sa part à respecter le règlement du transport et permet de l’assurer  en cas d’accident pendant le transport. 

Pendant la semaine de transport gratuit, on voit des gamins de 8 ans prendre le bus pour s’arrêter 2 stations plus loin. Les bus sont bondés.

Cela crée des tensions encore plus grandes avec les abonnés qui n ‘arrivent  pas à se rendre à leur travail à l’heure.

 

 

Nous en resterons là. Je propose que ce texte soit diffusé à la commission quartier et dans nos réseaux. Le but est à la fois de faire connaître et comprendre les difficultés de salariés exerçant des missions de service public dans les transports, les urgences hospitalières ou les écoles. Les travailleurs doivent pouvoir se sentir en sécurité pendant leur travail. Mais la transformation sociale ne pourra résultera que d’une alliance des différentes couches de la société qui sont aujourd’hui opprimées. Alors voilà, comment ça se passe dans votre ville, votre quartier ? Et quel est le point de vue des usagers concernés ?

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