APPEL POUR CONSTITUER UN COURANT « UNITAIRE »

Publié le par comité NPA Loire Nord

APPEL A UNE REUNION NATIONALE POUR CONSTITUER

UN COURANT « UNITAIRE » DANS LE NPA


Le congrès de fondation du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a confirmé le succès
de la dynamique engagée au cours des derniers mois et qui s’est notamment traduit en termes
d’adhésions (près de 10000 aujourd’hui) à notre organisation. Mais c’est plus largement
encore, dans les mouvements sociaux et dans l’opinion publique de gauche en générale, que
nous avons été confrontés, tout au long du processus constituant, aux attentes et aux
interrogations de nombreux militant-e-s : le NPA serait-il enfin la naissance d’une nouvelle
force pluraliste qui permettrait d’avancer vers l’alternative politique anticapitaliste qui fait
défaut à gauche ? Des milliers de militants du mouvement social, du mouvement ouvrier,
issus de traditions politiques différentes, y trouveront-ils l’instrument qui leur manque ? Les
réponses à ces questions dépendent en grande partie de la direction et des orientations
que nous prendrons dans les semaines et les mois à venir. Notre constitution en parti ne
doit pas signer la fin d’un processus, mais le début d’une nouvelle phase.
Nous sommes de celles et ceux qui ont considéré que, sur le terrain de
l’orientation politique, la question des élections européennes cristallisait un débat
essentiel de ce congrès. La possibilité de construire un front pluraliste, dans les luttes comme
dans les élections de juin prochain, sur la base d’une alternative politique anticapitaliste face à
l’Europe néolibérale du traité de Lisbonne, était et restera une question clé dans les mois qui
viennent. La décision du premier CPN de ne pas donner suite à la « volonté de rassembler les
anticapitalistes », pourtant affichée majoritairement lors du congrès, nous semble être une
erreur. Les comités et leurs militants seront confrontés à la déception de ceux qui, autour de
nous, attendaient une politique d’unité à la gauche du PS et ainsi la possibilité d’infliger une
défaite politique à la droite et au MEDEF. Au lieu de quoi, ils devront se résigner à assister,
impuissants, à des campagnes « concurrentes ». Cela oblige par ailleurs à reprendre la
discussion au sein du parti.
En effet, ce débat renvoie à une série de discussions stratégiques, que pour
l’instant l‘ensemble de l’organisation n’a pas complètement menée. Nous avons, durant le
congrès, fait le choix de contribuer au débat sans brusquer des évolutions nécessairement
progressives et diverses, et donc ne pas proclamer une tendance ni dans la préparation de ce
congrès fondateur, ni dans le congrès lui-même. Une « sensibilité politique » s’est pourtant
progressivement affirmée au cours de nos travaux fondateurs, sensibilité qui a regroupé plus
d’un votant sur cinq. Le dénouement de celui-ci interroge sur les pratiques démocratiques, la
question du pluralisme au sein du parti, ainsi que sur les modes de fonctionnement et de
décision qui s’appuient encore beaucoup trop sur les habitudes et les mécanismes routiniers
de l’ancienne LCR. Nous sortons ainsi du congrès avec une série de débats inachevés, ou qui
n’ont pu se manifester que de manière biaisée, sur des questions qui vont pourtant déterminer
dès maintenant l’avenir de notre parti. Ces débats ne sont pas que des débats tactiques
concernant telle ou telle alliance pour une élection donnée. La question de l’unité aux
Européennes traduit différentes orientations politiques coexistant au sein du NPA. Une série
de questions sont posées sur le fond.
ü L’importance de l’unité pour battre la droite.
L’arme la plus fatale des classes dominantes contre nous est la division : division entre
hommes et femmes, division entre croyants et athées, division entre syndiqués et non
syndiqués, division entre travailleurs manuels et intellectuels …Tous les jours nous en faisons
les frais. Cette division est sciemment entretenue mais elle perdure, car elle est fondée sur la
division des tâches, qui entretient l’individualisation des expériences. Dans les luttes, au
travail, dans les quartiers et dans l’expression politique, nous devons renforcer l’unité
de ceux qui ne profitent pas de ce système, en lui donnant le contenu politique, le plus
claire possible, mais à la mesure du niveau de conscience acquis par la majeure partie de ceux
qui se mettent en mouvement. Rappelons brièvement que c’est avec une unité sans faille que
le NON de gauche a été victorieux, que le CPE a été repoussé, et que dernièrement les
Guadeloupéens ont gagné.
ü La place et la nature du NPA
Le projet du NPA est-il de se contenter de l’arc de force rassemblé en son sein, ou bien se
conçoit-il comme un levier pour polariser d’autres forces dans un rassemblement plus large et
pluraliste ? Le débat autour du nom du parti a lui aussi éclairé un débat de fond, entre un
projet incarné par le nom PAR (parti anticapitaliste révolutionnaire) de NPA comme parti
resserré sur l’aire de l’extrême-gauche, et un projet de NPA, pluraliste, large, ouvert au-delà
des forces et des militants de la gauche révolutionnaire.
ü Le rôle des élections et des institutions
En se définissant comme une « gauche non-institutionnelle », sans distinguer la
participation gouvernementale de la possibilité de participer, en toute indépendance, à la
gestion de collectivités territoriales dans lesquelles la gauche de gauche serait majoritaire sur
son programme, ne fait-on pas l’impasse sur le fait que nous sommes prêt à assumer les
responsabilités politiques que nous donneraient les travailleurs ?
ü La question du gouvernement.
Le refus d’une participation gouvernementale en alliance avec les forces de la gauche socialelibérale,
qui est une question décisive, résout-elle pour autant la question de l’alternative
gouvernementale à proposer ? Sur quel programme et dans quelles conditions lutter pour un
gouvernement d’une vraie gauche, qui introduirait de premières ruptures avec la logique de
gestion du capitalisme ? La situation économique et politique actuelle ne manquera pas de
faire naître de puissants mouvements sociaux, provoquant à leur tour des crises politiques qui
poseront alors cette question du débouché politique. La perspective de la transition entre le
capitalisme et le socialisme du 21ème siècle demande une réflexion programmatique
approfondie afin que notre parti soit un outil utile dans la lutte de la classe ouvrière pour la
prise du pouvoir.
ü Le lien entre mouvement, syndicat et parti
Le parti doit il se substituer aux syndicats dans l’action et élaborer sans tenir compte des
apports provenant du mouvement social ? Ou doit-il traduire sur le terrain politique ses
aspirations les plus profondes, tout en agissant pour l’indispensable unité du mouvement
ouvrier face à la crise grandissante du capitalisme ? Le parti a beaucoup à apprendre du
mouvement social et du pluralisme. Il doit plus être un lieu de convergence politique et de
synthèse, qu’un guide.
ü La question démocratique
Un parti large est traversé de débats et de contradictions. C’est pour ces raisons qu’il faut
organiser dans le respect, le débat entre sensibilités différentes, qu’elles soient fondées sur des
orientations politiques (telle que celle-ci), thématiques ou autres. De même les décisions
doivent être le fruit de la confrontation et du débat d’idées. Par exemple, est-il normal que les
militants du NPA apprennent par le journal, qui sera son candidat aux élections européennes ?
Pour cette raison, nous défendons le droit d’avoir les moyens de s’organiser en sensibilité,
comme nous revendiquons l’importance des commissions thématiques.
Nous nous sommes retrouvé-e-s avec de nombreux camarades et comités qui posaient
ces mêmes questions. Pour ne pas en rester au constat qu’un débat est né mais qu’il ne dit pas
son nom, la meilleure solution est désormais d’envisager la perspective d’un courant pour
faire avancer l’élaboration et le débat de manière collective. Il se donne comme objectif
essentiellement de faire vivre le débat interne (liste de diffusion, forum, bulletin par
exemple…). Sur la base de ce texte et des questions que nous y soulevons, nous appelons tous
les militants et comités qui partagent ces préoccupations à travailler des contributions en
s’appuyant sur leurs expériences de lutte, de débat, de construction. Nous proposons à toute-
s celles et ceux qui se retrouvent dans cette démarche une première réunion nationale,
le week-end des 16 et 17 mai à Paris, afin de décider ensemble du contenu et des modalités
de structuration de notre courant, dans le cadre et le respect du fonctionnement du parti. Nous
appelons également à l’organisation de réunions locales (par comités, villes, régions ou
département) qui puissent permettre à tou-te-s les camarades intéressé-e-s par ce projet de
participer activement à sa réalisation.

Pour toute demande d’information, vous pouvez contacter : lecourant.npa@gmail.com
Anthony (CPN, NPA Chalons), Danièle (CPN et CE, NPA Aubervilliers), France (CPN, NPA
Paris 19e), Jean-Claude (CPN, NPA Marseille 7e), Karel (CPN, NPA Lille), Maël (CPN, NPA
Paris centre), Morand (CPN, NPA Nancy), Olivier (CPN, NPA Clermont-Ferrand), Stéphanie
(CPN, NPA Créteil), Yann (CPN et CE, NPA

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